Le Silence des communistes
en partenariat avec la Ville de Pantin
d'après Vittorio Foa, Miriam Mafai, Alfredo Reichlin
traduction Jean-Pierre Vincent
d'après la version scénique de Luca Ronconi, Turin 2006
mise en espace Jean-Pierre Vincent
avec Caroline Chaniolleau, Jean-Claude Leguay, Charlie Nelson
À la sortie de la seconde guerre mondiale, nombre d'intellectuels, d'artistes et plus d'un tiers des Italiens reconnaissent dans le Parti communiste un espoir que des années de fascisme avaient fait taire. Dix ans après la chute du Mur de Berlin, le Parti n'est plus ; et l'idéal qui l'animait, non plus ? De cette disparition, s'engage en 2000 un passionnant débat épistolaire entre deux anciens du Parti, Miriam Mafai et Alfredo Reichlin, et un ex-syndicaliste, Vittorio Foa, qui interpelle ses deux amis : « Pourquoi vous taisez-vous ? », « Où en sommes-nous ? » Chacun s'attelle à faire face au passé, pour affronter le présent et le futur. Jean-Pierre Vincent et sa mise en espace très sobre, saluée pour sa force et son émotion à Avignon en 2007, s'adressent à toute conscience en alerte, invitée à repenser l'engagement par « trois acteurs, plus que formidables ». Le Monde.
Le grand intérêt de cet ensemble réside dans l'honnêteté et la franchise des interlocuteurs qui affrontent leur passé et leur présent. Ce qui est très émouvant, c'est que ces militants ne sont pas des héros mais des êtres pensants et réfléchissants sur leurs pratiques politiques dans le monde qui les entoure, à la lueur d'un passé souvent douloureux. Ils cherchent à mieux comprendre ce qui est à la base de l'idée du communisme, c'est-à-dire la communauté. Cette recherche produit bien sûr une grande émotion sur tous ceux qui pensent que chaque individu membre d'une communauté a une responsabilité par rapport à cette communauté. [...]
Ce texte est comme un bateau qui serait parti d'un quai qui est le passé et qui filerait doucement, inexorablement, vers le présent, vers nous, d'une façon troublante, avec une noblesse de phrasé politique, un sens de la remise en question, que je ne trouve pas en France en cette période électorale. Ces militants pensent le monde et trouvent avec simplicité les mots pour le dire. Ils brassent les acquis culturels de l'Europe depuis l'époque des Lumières et dans ce brassage, ils parlent de notre réalité inédite, sans donner de leçons... C'est très rare.
Jean-Pierre Vincent, février 2007
> Le silence des communistes n'en finit pas de faire parler delui.
Jean-Pierre Thibaudat, Rue89