Rosa, la vie
Anouk Grinberg lit des lettres de Rosa Luxemburg
Dans les lettres écrites en prison par Rosa Luxemburg, incarcérée pour s'être opposée à la guerre de 14-18, on découvre un visage insoupçonné de la militante révolutionnaire ; une femme en prise avec la beauté du monde par-delà ses injustices. En septembre 2008, lors d’une soirée unique, Anouk Grinberg portait, avec une empathie et un engagement frémissants, ce chef-d’oeuvre méconnu de la littérature épistolaire, cette ode à la vie d’une femme tout entière tournée vers le bonheur.
Elle revient pour 10 représentations exceptionnelles avec une nouvelle partition.
Anouk Grinberg, présentation de saison, juin 2009
Une seule chose me fait souffrir: devoir profiter seule de tant de beauté. Je voudrais crier par-dessus le mur: je vous en prie, faites attention à ce jour somptueux ! N’oubliez pas, même si vous êtes occupés, même si vous traversez la cour à la hâte, absorbés par vos tâches urgentes, n’oubliez pas de lever un instant la tête et de jeter un oeil à ces immenses nuages argentés, au paisible océan bleu dans lequel ils nagent. Faites attention à cet air plein de la respiration passionnée des dernières fleurs de tilleul, à l’éclat et la splendeur de cette journée, parce que ce jour ne reviendra jamais, jamais ! Il vous est donné comme une rose ouverte posée à vos pieds, qui attend que vous la preniez, et la pressiez contre vos lèvres.
in Rosa, la vie, Lettres de Rosa Luxemburg, éditions de l’Atelier, 2009.
Après avoir consacré deux ans à travailler sur cette anthologie des lettres de Rosa Luxemburg, j’ai eu envie d’en faire entendre quelques-unes dans leur nouvelle traduction. Ce ne sont pas des lettres politiques, ce sont plutôt des incitations à vivre, à rester bon « malgré tout et le reste », à rester humain. Tout enfermée qu’elle était, elle continuait d’aimer la vie et n’a pas cessé de donner à ses amis, qui eux étaient en liberté, des raisons d’espérer et de rester vaillants. Ce n’est pas qu’elle fait la leçon, mais c’est une leçon de dignité et une leçon d’amour. Sa tendresse, sa clarté mêlées à une extraordinaire intelligence de la vie font de ces écrits un repère assez éblouissant pour nous.
Je crois que c’est l’inverse de l’austérité. C’est une tête avec un coeur dedans, qui bat pour le monde entier. Moi je n’ai jamais rien lu qui rende aussi heureux.
Anouk Grinberg
LA PRESSE EN PARLE
[Cette lecture nous rappelle que] l'engagement ne va pas sans une puissance d'âme rayonnante. Une magistrale interprétation. Le Figaro. D'émouvantes leçons de ténacité, d'énergie et d'amour de la vie. Télérama. Tout au long du spectacle grandit une émotion intense. Empathie profonde d'une femme pour une autre. La Croix. Une osmose déconcertante. Le JDD. C'est passionnant. Le Monde. Grinberg dépasse la simple lecture et nous bouleverse. Le Pariscope. Les petits bouts de femmes, parfois, parlent à l'avenir de l'homme. L'Humanité.

