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ROMEO ET JULIETTE
d'après Shakespeare
Mise en scène Oskaras Korsunovas
Spectacle joué en lituanien, surtitré
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les mercredi 7 et jeudi 8 avril 2004 à 20h30
durée estimée 3h avec entracte. tournée en France
de janvier à avril 2004 |
Distribution en cours
Quand Oskaras Korsunovas engage un travail de création
sur des classiques, c'est afin d'en extraire les thèmes et les
sujets qui s'adressent directement à un public contemporain.
En associant le mouvement chorégraphié, les arts plastiques
et la création musique dans un spectacle qui engage tous les sens,
il transgresse les qualités formelles, littéraires des textes
canoniques sans en sacrifier la substance et transpose la pièce
"originale" en une formulation destinée aux spectateurs
d'aujourd'hui. Un trait clé de l'art de Korsunovas est sa croyance
en l'idée que chacun des spectateurs est aussi un créateur.
Les gestes, images et paroles, les visions et les sons proposés
par le metteur en scène à travers les acteurs sont des éléments
qui se combinent en un tout signifiant dans l'esprit de l'observateur.
Son travail peut ainsi être perçu comme une étude
continue de "La grammaire interactive du théâtre".
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Roméo et Juliette sont trop jeunes pour avoir une compréhension
complètement consciente du contexte dans lequel se déroule
leur tragédie. Dans Vérone médiévale,
dans la Lituanie d'aujourd'hui, ou dans n'importe quelle société
s'essayant à trop de pragmatisme, il existe beaucoup de différences
qui sont susceptibles d'enclencher un drame semblable à celui
monté par Shakespeare: différences ethniques ou linguistiques
(les lituaniens, les minorités russes), différences
d'éducation ou de classe (le prolétariat, les intellectuels
dépossédés, les nouveaux riches sous-éduqués),
différences entre ceux qui se conforment aux normes d'une société
" en bonne santé " et ceux qui se placent en dehors
de la norme (les exclus sociaux, les malades en phase terminale, les
accros de l'alcool ou la drogue
). Néanmoins, la difficulté
ne réside pas tant dans le fait de démontrer les racines
de la haine que d'évoquer une image modulée de son évolution
dans la société contemporaine, comme un courant de fond
qui trouve toujours un chemin et invente toujours ses propres raisons
pour refaire surface. Oskaras Korsunovas "ne souhaite pas simplement
remplacer une haine incompréhensible par un concept compréhensif
de la haine". |
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