théâtre de la Commune
visuel
© Marc Daniau

 

scénographie
Barbara Kraft
création lumière
Benoît Théron
assistant collaborateur
Jacques Séchaud
création sonore
José Barinaga
collaboration à la chorégraphie
Fang Sun

 

 

 

En mai 2004, Marie-Laure Crochant a obtenu le Prix Jean-Jacques Gautier comme révélation théâtrale de l'année.

 

 

 

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le dossier de presse

LA RELIGIEUSE
 
de Denis Diderot
Adaptation et mise en scène Anne Théron

avec Marie-Laure Crochant

création mars/avril 2004
reprise du mercredi 6 au vendredi 22 avril 2005
puis en tournée

 Suzanne Simonin, bâtarde, est envoyée au couvent pour expier le péché de sa mère. Elle est punie d’un état dont elle n’est pas responsable. Elle est non seulement enfermée dans un couvent, mais surtout dans un destin et une identité inexorables. C’est peut-être le pire, être enfermée à l’intérieur de soi-même…

 
 
La Presse salue "La Religieuse"

au moment de sa création (mars 2004 au Théâtre de la Commune)
Passionnante interprétation. Libération • Il y a d'abord, dans ce spectacle, une idée scénographique d'une beauté et d'une intelligence à couper le souffle... Il y a aussi comme rarement au théâtre, un remarquable travail sur le son... Et il y a, surtout, une comédienne : Marie-Laure Crochant, 24 ans, une audace et un engagement époustouflants... Le Monde. • Fascinante transcription dramatique que donne Anne Théron et toute son équipe artistique... l'autre qui fascine et enchante, bouleverse, c'est l'interprète... Elle est exceptionnelle... L'adaptation est remarquable, la direction d'acteur très puissante et Marie-Laure Crochant admirable... Le Figaro. • Un choc visuel et émotionnel. À en frémir. Le Journal du Dimanche. • En adapatant et mettant en scène ce « classique » de la littérature, Anne Théron en propose une lecture plus juste et plus aiguë (que le film de Jacques Rivette)... Marie-Laure Crochant est l'interprète bouleversante d'un univers qui, loin des combats d'arrière garde... ramène à « surveiller et punir » de Michel Foucault. La Croix. • L'adaptation du texte est forte, dense, serrée. La mise en scène, la mise en mouvement et en émotion, remarquables. L'interprète d'une audace époustouflante. Très original, très fort. Rare. Le Quotidien du Médecin.

 
 

Marie-Laure Crochant
©Emmanuel Rioufol/1d-photo.org
   

Dans le texte de Diderot, Suzanne Simonin, bâtarde, est envoyée au couvent pour expier le péché de sa mère. Celle-ci espère qu'en contraignant sa fille à mener l'existence cloîtrée d'une religieuse, elle gagnera le repos éternel qu'elle a perdu en fautant avec son amant. Suzanne se débat en vain contre cette injustice, et lutte pour échapper à la cellule "(…) où les journées se passent à mesurer la hauteur des murs." L'entrée de Suzanne Simonin au couvent est imposée par sa mère. Pour son bien, c'est à dire pour la protéger des dangers du monde, et donc d'elle-même. En vérité, Suzanne est punie d'un état dont elle n'est pas responsable : sa bâtardise. Elle est non seulement enfermée dans un couvent mais surtout dans une identité et un destin inexorables. C'est peut-être le pire: être enfermée à l'intérieur de soi-même.

La Religieuse est donc l'histoire de cet enfermement. Un enfermement qui se passe à la fin du XVIIIème siècle, dans une institution religieuse, mais qui a une résonnance tout à fait contemporaine. Car si notre époque a développé ses propres modalités pour circonscrire ses indésirables, la lutte de ceux qui essaient de s'évader garde la virulence du combat de Suzanne Simonin, deux siècles auparavant. Parce qu'une cellule restera toujours une cellule, quel que soit le système qui l'a générée.
 

Marie-Laure Crochant - La Religieuse
© Pascal Gély
  

'Nous en étions là lorsque nous avons monté pour la première fois ce texte, créé en 1997, au Théâtre National de Bretagne. Aujourd'hui, six ans plus tard, notre lecture ouvre un autre axe. Non pas que nous annulions le postulat de l'enfermement, mais nous y ajoutons une nouvelle hypothèse, à la manière dont un acteur "fixe" certains éléments dans une scène, avant d'y ajouter au fur et à mesure d'autres couches. Ce qui nous a saisis dans cette relecture, c'est un sentiment de "trop": trop de larmes, de sang, de douleur et d'extase. Au final, trop c'est trop, on ne croit plus à rien et on nage en pleine fiction. Mais cette fiction, d'où vient-elle, sinon de cette jeune religieuse qui écrit ses mémoires, ou mieux encore : sa mémoire. Une mémoire qui décline sa souffrance en utilisant différents protagonistes, mais pour mieux les ramener à elle, comme si elle-même était le point d'origine de tous ces personnages.
Suzanne se présente comme une adolescente qui, avant même que cela lui soit énoncé expressément, vit dans la position d'un tiers exclu au sein de sa famille, et présume qu'il y a à ce traitement une cause secrète. En clair, cela signifie qu'elle a toujours su qu'elle n'était pas la fille de l'homme dont elle porte le nom. La parole de sa mère, muette d'abord avant d'enfin s'exprimer, est comme la hache qui fend le tronc. C'est une parole qui annihile la jeune fille ("Vous n'avez rien, vous n'aurez jamais rien", dit la mère. Ce qui signifie en fait: "Vous n'êtes rien, vous ne serez jamais rien"). Le tronc fendu, conséquence de cette parole, va continuer à se démultiplier. Nous assistons au développement d'une logique schizophrénique, à un être qui en n'étant rien devient tout. C'est ce qui donne cet étrange climat d'irréalité baignant l'ensemble du récit, où la jeune fille, après sa mère, affrontera successivement et sur des modalités différentes, ses trois supérieures - appelées " ma mère ", comme le veut la convention ecclésiastique -, qui nous apparaissent comme autant de déclinaisons de sa génitrice, ou comme autant de fictions. Interlocutrices ou adversaires, toutes ces femmes - qui n'en sont peut-être qu'une - semblent utiliser le corps de Suzanne tel un simple véhicule, pour pouvoir faire entendre leurs voix. Du coup, on ne sait plus qui parle, bien qu'il y ait un seul corps devant nos yeux. Un corps enfermé, à qui l'on refuse une vie propre, et qui réinvente le monde en l'incarnant à lui seul. Un monde de douleur.'
Anne Théron, Octobre 2003


Anne Théron a publié quatre romans, écrit des pièces pour le théâtre ou la radio (France Culture), ou des scenarii (pour Tilly, Bianca Conti Rossini ou Alain Tanner) Elle a réalisé deux courts et un long métrage (Ce qu'ils imaginent) et en prépare un second (Trou noir). Pour le théâtre, elle a également mis en scène Le Pilier au TGP en mai 2000.
Le dernier film d'Anne Théron, Ce qu'ils imaginent avec Marie Trintignant, Aurélien Wiik, Marc Barbé, Anne Cantineau, Peter Bonke, Didier Bezace, Julie Gayet et Aurore Clément, sortira en salles le 17 mars 2004.

Marie-Laure Crochant, comédienne
Agée de 24 ans, Marie-Laure Crochant a été formée à l'école du Théâtre National de Bretagne dirigée par Stanislas Nordey, où elle a été reçue à l'unanimité du jury et dont elle est sortie en juillet 2003. Elle y a travaillé sous la direction de Stanislas Nordey, Claude Régy, Frédéric Fisbach, Robert Cantarella, François Tanguy, Marie Vayssière, François Verret, Jean-Christophe Saïs, Bruno Meyssat, Eric Vigner, Philippe Boulay et Laurence Roy. Elle y a également pratiqué le travail des marionnettes avec Renaud Herbin et Julika Mayer, ainsi que la danse avec Loïc Touzé. Elle joue en novembre 2003 dans Atteintes à sa Vie de Martin Crimp mise en scène Stanislas Nordey, au Théâtre National de Bretagne, puis en décembre 2003 et janvier 2004 dans Pièces d'identité de Roland Fichet, au Théâtre de la Passerelle à Saint-Brieuc.