Affiche
illustration Marc Daniau
 
théâtre de la Commune

Paradise codes inconnus 1
 
de Daniel Keene
 traduction Séverine Magois
conception et mise en scène Laurent Laffargue

avec
Marc Berman, Maya Borker, Anne Cressent, Mélanie Couillaud, Vanessa Larré, Sébastien Laurier, Sarah Perrin, Laurent Schilling, Crystal Shepherd-Cross, Jean-François Toulouse, Philippe Vieux

du vendredi 5 novembre au jeudi 16 décembre 2004
du mardi au samedi à 20h30
dimanches à 16h00
 
 

Dans le théâtre transformé en night-club, les spectateurs sont accueillis par le patron. Le spectacle peut commencer. Au Paradise, c'est le carnaval du sexe et de l'oubli de soi, où se mêlent beauté et grotesque, illusion et réalité. Au Paradise tout peut arriver.

 
Je voudrais parler de la notion de limite, aller vers la frontière de ce qui est possible et de ce qui ne l'est pas...
C'est parce qu'elle est le lieu de toutes les subversions que les sociétés sont toujours tentées de contrôler la sexualité : le retour de l'ordre moral, que l'on constate aujourd'hui, en témoigne… Le sexe n'est jamais apparu aussi effrayant. C'est cette peur, et tous les symptômes qui y sont liés (perversion, honte, contrôles des mœurs, etc.) que je voudrais explorer.
    Laurent Laffargue, décembre 2002

 
Le travail avec Daniel Keene a été particulier, puisqu'il ne s'est pas expressément agi de " commande de pièce ". Je lui ai demandé de travailler à partir de propositions. Je voulais parler de l'expérience de soi que donne le rapport au sexe, du fantasme et de la limite, c'est-à-dire de l'endroit, du moment où l'on a envie de transcender les codes. Je souhaitais que le discours et l'action expriment toujours la tentation, le désir d'aller plus loin, cette quête qui mène à quelques questions essentielles : " qui suis-je ? ", " qu'est-ce que je veux ? " et " suis-je ce que je veux ? ".
Je voulais proposer une thématique qui implique fortement le spectateur et l'amène à une forme d'expérience particulière, différente. Il s'agissait de trouver une forme d'expression directe, frontale, en prise avec le présent, l'intime, l'universel… Ici et maintenant.
La société a instauré des codes qui nous servent à vivre ensemble, mais qui posent aussi des limites. L'intégration des codes est donc une aliénation, une perte de liberté et d'identité. Ils rassurent l'individu, lui donnent l'impression de maîtriser le monde, mais créent leurs revers : la peur de l'inconnu, le désir de la transgression. Dans ce spectacle, on tente de créer de nouveaux codes, à la fois familiers et étranges, et on s'interroge en retour sur les nôtres : où est la limite ? Où est la transgression ? Le domaine de l'expérience sexuelle est à la fois l'un des plus " codés " - le Code pénal peut en témoigner - et l'un des plus incontrôlables : il est celui où l'individu remet en question son rapport au monde, son adhésion à l'ordre social. C'est parce que la sexualité est le lieu de toutes les subversions que les sociétés sont toujours tentées de la contrôler : le retour de l'ordre moral, que l'on constate aujourd'hui, en témoigne… Le sexe n'a jamais paru aussi effrayant. C'est cette peur, et tous les symptômes qui y sont liés - perversion, honte, contrôles des mœurs, etc. -, que je veux explorer.
Au cours du travail avec Daniel Keene s'est dégagée une construction dramatique qui donne sa cohérence au spectacle. Mais j'avais envie de garder cette idée d'expérimentation, d'" inconnu ". J'avais envie de partager cette aventure avec cet auteur car je pense que, dans son écriture, ces notions de " codes inconnus " sont très présentes, qu'il a toujours une manière singulière de parler du sexe et de la mort. Il y a chez lui un très grand ancrage dans le contemporain, notamment dans ces zones oubliées que sont les banlieues, les no man's land, tous ces territoires en marge, mais aussi une très grande culture classique, un souffle poétique, ainsi qu'une véritable élégance dans la manière de ne pas propulser la forme en avant comme un étendard, et dans la façon de chercher à dire simplement des choses complexes, existentielles, difficiles. Simplement, mais sans simplifier, il nous parle de nos solitudes à partir des rêves de ses personnages.
     Laurent Laffargue

 
production
La Coursive - Scène nationale de La Rochelle, Théâtre national Bordeaux-Aquitaine, Théâtre national de Toulouse Midi-Pyrénées, Théâtre de la Commune - Centre dramatique national d'Aubervilliers, Théâtre de la Ville - Paris, Le Moulin du Roc - Scène nationale de Niort, Compagnie du Soleil Bleu avec la participation artistique du Jeune Théâtre National. La compagnie du Soleil Bleu est conventionnée par le Ministère de la Culture - DRAC Aquitaine, subventionnée par le Conseil Régional d'Aquitaine, le Conseil Général de Gironde et la ville de Bordeaux. Le spectacle est créé à La Coursive - Scène nationale de La Rochelle, le lundi 4 octobre 2004.
Le Théâtre de la Commune et le Théâtre de la Ville de Paris se sont associés pour coproduire et présenter Paradise.

 

assistante à la mise en scène Sonia Millot • scénographie Philippe Casaban, Eric Charbeau lumières Patrice Trottier • costumes Hervé Poeydomenge • musique Joseph Doherty • son Yvon Tutein maquillage et coiffure Muriel Leriche • accessoires Marc Valladon


revue de presse

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de Daniel Keene, mise en scène Laurent Laffargue