théâtre de la Commune
 
Objet perdu
3 pièces courtes sur la mémoire : la pluie, le récit, le violon

© Marc Daniau
   

de Daniel Keene
traduction Séverine Magois
mise en scène Didier Bezace

avec Philippe Bérodot, Samuel Cahu, Sylvie Debrun
Thierry Gibault, Jacques Herlin, Catherine Hiegel

de la Comédie-Française

musicien Maurice Delaistier
en alternance dans le rôle de l'enfant Marc Beffa, Rohan Hadouch, Karim Kerbache, Antonin Pinguet
 
du mercredi 3 mai au vendredi 16 juin 2006
dates adhérents / abonnés du 3 au 24 mai
du lundi au samedi à 21h, le dimanche à 16h30
relâches exceptionnelles : du jeudi 25 au dimanche 28 mai,
les lundis 8, 15 et 22 mai, et les dimanches 4 et 11 juin
deux soirées supplémentaires et exceptionnelles les 17 et 19 juin  > en savoir plus
Tarifs en juin 15€ / 20€
 

 

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Dans un bar, à l’heure de la fermeture, sous les traits énigmatiques d’un étranger, la mémoire vient se glisser insidieusement près de M. Skelton. Elle ne le lâchera plus et l’entraînera malgré lui vers la reconnaissance de son histoire.



Philippe Bérodot et Jacques Herlin - photo © Brigitte ENGUERAND


C'est sous l'emblème du lien que nous avons créé au début de la saison dernière avis aux intéressés de Daniel Keene. Lien : ce qui nous attache, nous relie, nous emprisonne, nous retient. Je me souviens avoir entendu Daniel me dire que sa pièce s'était construite sur son désir d'explorer la dépendance et son paradoxal retournement. Léo, l'enfant immature, dépend totalement de son père, mais que son père puisse mourir comme il le souhaite dépend totalement de Léo. Malgré l'énergie obstinée et méticuleuse qu'il met à dénouer ce lien, le père devra renoncer à cette séparation et c'est ensemble, attachés de nouveau par la main qu'ils se donnent, qu'ils affronteront leur destin. Dans l'œuvre de Daniel, on rencontre souvent des personnages qui construisent, reconstruisent ou déconstruisent un lien. Parfois ils cherchent à le créer à l'issue d'une rencontre hasardeuse, parfois ils cherchent à le briser par un acte violent, un meurtre, une fuite, un exil… Un objet ou un être symbolisant ce lien, des outils, un mur, un chien, un fleuve, un banc… C'est de la vie concrète qu'il tire la force poétique et la violence de ce qui relie les gens entre eux dans un monde d'éparpillement.


Catherine Hiegel
 

Thierry Gibault
photos © Brigitte ENGUERAND
 

Une autre forme d'attachement vient parfois traverser son œuvre, celui de la mémoire (qui est par excellence le lien avec nous-même, avec notre histoire) et de la mémoire juive notamment : c'est tout naturellement par bribes, inventaires ou textes courts qu'elle affleure. C'est cet autre type de construction du lien que je voudrais explorer durant la saison prochaine - tandis que se déroulera dans la grande salle la reprise d'avis aux intéressés - en organisant trois de ses textes comme trois étapes d'un voyage mémoriel, le voyage forcé d'un vieil homme - Monsieur Skelton - vers lui-même, à travers la résurgence d'un événement important de son enfance. Les trois pièces n'ont pas été écrites par Daniel pour être reliées par une dramaturgie, l'expérience consiste donc à vérifier que le théâtre les met dans une résonance mutuelle comme trois actes d'une pièce éparpillée dans la conscience de l'auteur. Il n'est peut-être pas si paradoxal, travaillant sur ce qui nous lie, que le regard d'un metteur en scène fasse du lien l'outil de production d'une histoire à raconter au public.

Deux de ces trois textes - la pluie, le violon - ont déjà été joués et sont assez connus. C'est sans doute le fait de les relier qui nous les fera entendre différemment tout en les respectant pour ce qu'ils sont. Ils ont la forme poétique que donne parfois Daniel à son écriture ; le fragment, le monologue. Le troisième, le récit, moins connu, relève d'une autre forme que l'on retrouve souvent dans son œuvre, le dialogue. Un dialogue serré, combatif, qui en l'occurrence oppose deux volontés : celle de se souvenir et celle d'oublier.
Didier Bezace, mai 2005

 
production
Le Théâtre de la Commune - Centre dramatique national d'Aubervilliers, avec le soutien de la Fondation pour la mémoire de la Shoah
Le spectacle est créé au Théâtre de la Commune, le 3 mai 2006.
Les trois textes sont publiés aux Éditions THÉÂTRALES.


collaboration artistique
Laurent Caillon

assistante à la mise en scène Dyssia Loubatière
scénographie
Jean Haas
lumières
Dominique Fortin

costumes
Cidalia Da Costa
musique
Maurice Delaistier

maquillages
Cécile Kretschmar

  
> Rencontres
autour du spectacle

 
 
Revue de presse

Entre ombre et lumière, les comédiens parviennent à donner une vie spectrale à ce qu'ils nous content. Et la salle, mystérieusement, de s'emplir de fantômes. Daniel Keene sait faire parler le silence. Télérama.

On ne saurait se lasser de réentendre cette langue feutrée et métallique à la fois, cette langue venue du fond des êtres et de mémoires. Le Figaro
Le spectacle est d'une extrême beauté.(..) Catherine Hiegel réussit un miracle. Les Echos 
Didier Bezace revient à cet auteur majeur du théâtre contemporain. Sur un plateau quasi-nu, seule la parole résonne, sans brusquerie ni hauts cris, poétique parfois. Le jeu pudique et retenu des comédiens est à l'unisson. La Croix.
Prenant le spectateur dans une dimension théâtrale inhabituelle, cet Objet perdu exige une concentration extrême, avant de hanter longtemps. Politis

Une écriture coup de poing qui laisse sur le carreau lecteur et spectateur. Un théâtre dans lequel on se fond immédiatement. Pref Mag.

   
Tableaux d'une répétition L'Express
> lire le rreportage
Peut-on vivre dans un présent
sans mémoire ?

La Terrasse
 - > lire l'enretien

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