THEATRE DE LA COMMUNE


 saison 02/03

Lignes de vie
MARYS’ A MINUIT
photo
© compagnie Parnas
de Serge Valletti
mise en scène Catherine Marnas

avec Martine Thinières

 

du 25 février au 29 mars 2003
20h30 mardi au samedi, 16h dimanches
durée 1h10
en alternance avec la soirée composée
de La tige, le poil et le neutrino
et Les ch'mins d'Couté.

son Mme Miniature · scénographie Carlos Calvo · lumières Laurent Pascal

production Compagnie Parnas, Théâtre la Passerelle – Scène nationale de Gap, Système Friche Théâtre – Marseille.


  Alors quand le docteur, il m'a dit :
"Madame, il faut que vous preniez quinze jours de
vacances", je lui ai dit :
" Vous vous foutez de ma gueule, ça fait quinze ans
demain que je suis en vacances, à virer à droite à
gauche…"
Maryse


Serge Valletti s’intéresse aux gens simples, aux gens décalés non pas pour les
caricaturer et les ridiculiser mais parce que leur langue, leur truculence, leur façon de faire se heurter les choses, se choquer les mots, leur permettent - même si leur vie semble banale et souvent difficile - de rêver, de mettre le haut en bas, le nord au sud - et inversement ! - comme les personnages de Dubillard ou de Novarina.
Et ce n’est pas la question de l’accent du midi ou pas qui est importante, mais bien cette syntaxe qui résulte d’un autre regard sur le monde et ce rythme, cette musique de la langue sans lesquelles ni le monde ni les mots de Valletti n’auraient de sens.
Maryse, la sœur de Roland, fait partie de ces gens simples, un peu paumés, un peu seuls ; donc, bien qu’elle s’adresse à nous, elle soliloque, conversation prolixe où elle nous raconte un morceau de sa vie, de ce kaléidoscope fou où on ne distingue pas très bien ce qui est rêve, réalité, exagération… où on ne sait plus trop où est le haut, où est le bas …

 

 

Françoise Villaume : Marseille, c'est une ville dans laquelle tu te sens à l'aise ?
Serge Valletti : Oui, j'ai toujours aimé ça. J'ai fait ma première fugue à sept ans, c'était
le 1er mai 1958, je voulais aller faire de la voiture Ulysse au parc Borély. C'étaient des
voitures à pédales. - Et comment tu vas y aller ? Tu ne sais même pas où c'est... me dit
ma mère. - Eh bien je suivrai les fils des trolleys ! Je suis parti et, arrivé au coin de la
rue (j'avais pris mes économies), j'ai changé d'avis, je suis allé au Cinéac sur la
Canebière et j'ai vu Sitting Bull, je l'ai vu trois ou quatre fois parce que c'était un
permanent. Je suis rentré dans le cinéma à deux heures de l'après-midi et j'en suis
sorti à dix heures du soir en m'achetant des glaces et tout, à l'entracte. Je suis rentré à
pied chez moi. La nuit à sept ans cela m'a fait peur. Ma grand-mère était venue à la
maison parce que c'était la panique totale, je sonne... - Oh ! Qu'est-ce que tu as fait ?
Va te coucher ! Et mes parents étaient partis à la Police, ils me cherchaient dans les
fourrés du parc Borély à côté des voitures Ulysse. Ma grand-mère tout de suite a
téléphoné et mon père a dit : - Surtout il faut lui donner un gâteau (comme les
chiens!)... Surtout il ne faut pas l'engueuler, il faut lui donner un gâteau, qu'il ne
reparte plus ! C'est le retour du fils prodigue.
Extraits de Serge Valletti par Yves Reynaud et Françoise Vuillaume,
collection Itinéraire d’auteur (Centre national des écritures du spectacle - La Chartreuse)

 

> Dossier de presse au format pdf  410ko
(pour voir un fichier PDF, vous devez posséder acrobat reader - gratuit)