du mercredi 3 octobre
au dimanche 28 octobre 2007
adhérents/abonnés du 3 au 21 oct.
mardi, mercredi et vendredi à 20h30, jeudi à 19h30, samedi à 21h et le dimanche à 17h30
durée 1h15 sans entracte


P o r t r a i t
Franca Rame scène à l'italienne
> lire l'article paru dans Le Monde
du 26.10.07
collaboration artistique Laurent Caillon assistante à la mise en scène Dyssia Loubatière scénographie Jean Haas lumières Dominique Fortin costumes Cidalia Da Costa assistée d' Élisabeth Cerqueira maquillages, perruques et coiffures Catherine Saint-Sever construction décor Atelier François Devineau

 
pdfDossier pédagogique
 
production Théâtre de la Commune – Centre dramatique national d'Aubervilliers
Saison 2007/2008   Raison, déraison
La maman bohême suivi de Médée

reprise - deux pièces de Dario Fo et Franca Rame
traduction Valeria Tasca
montage des textes et mise en scène Didier Bezace
Le prologue au début du spectacle a été écrit et est lu par Didier Bezace
affiche
avec Ariane Ascaride et Gérald Cesbron

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©CICA / Eric Garreau | télécharger RealPlayer

 
Pour Franca Rame et Dario Fo, auteurs, acteurs, militants d'extrême gauche dans une Italie agitée de courants politiques radicaux et contradictoires, la parole est une arme ; ni langue de bois, ni catéchisme politique moralisateur, c'est l'expression ludique d'une verve et d'une insolence à l'état pur, d'un comique vengeur, d'une invention sans cesse renouvelée au service de la liberté.
Les deux monologues que nous avons réunis ici comme deux actes d'une féroce comédie maternelle sont de cette nature : la maman bohême se sert de sa langue bien pendue et du théâtre le plus cruel pour partir à l'assaut des idées reçues et construire pour notre plaisir un personnage émouvant de femme combattante.
Au moment où nous nous apprêtons à jouer ces pièces devant vous, nous apprenons que des femmes se sont réunies sur le parvis d'une église parisienne pour donner, en public, le sein à leur progéniture afin de réhabiliter ce geste hautement maternel, nous apprenons aussi que le nouveau pape, moins voyageur que l'ancien mais tout aussi virulent, vient d'ouvrir grand les bras maternels de la sainte église apostolique et romaine à un prêtre intégriste qui adore chanter la messe en soutane et en latin… au secours, Franca, Dario, revenez !! nous avons encore besoin de vous ; dans ce monde que berce l'obscurantisme renaissant, nous risquons d'avoir besoin de vous encore un certain temps afin d'entendre, pour notre sauvegarde et notre santé morale, le rire salutaire des baladins à qui on ne la fait pas. Le rire libère l'homme de la peur. Tout obscurantisme, tout système de dictature est fondé sur la peur. Alors, rions ! disait Dario Fo*.
Didier Bezace
*
Dario Fo, entretien paru dans L'Express , janvier 2006
 

ariane ascaride
© Brigitte Enguérand
 
Revue de presse à la création
Ariane Ascaride, un tempérament de grande actrice populaire comme on n'en fait plus, entre Magnani et Girardot, charnelle et instinctive, proche, familière, capable de faire rire et pleurer à la fois. De l'art apparemment tout simple d'écorcher l'âme et le cœur. Télérama. Des textes rarement montés avec cette intelligence et ce talent. Ariane Ascaride, l'égérie du cinéaste Robert Guédiguian, [est] très finement dirigée. Humaine, terriblement. Drôle, irrésistiblement. Et émouvante, absolument . Le Monde. Une mise en scène d'une rare intelligence. Les portraits que Didier Bezace dessine sont d'une justesse étonnante, sans jamais qu'il ne force le trait. Ariane Ascaride s'approche d'un jeu d'une intensité tragique à la Magnani. D'une sincérité qui brise toute critique. Le Figaroscope. On est à la fête à l'italienne telle qu'on l'aime de De Sica à Pasolini, et même chez Plaute tant la fureur antique, celle du peuple sur la place publique, souffle sur ces braises modernes. Les Échos. Ariane Ascaride est parfaite. [Elle] évoque la Gelsomina des routes de Fellini. Le Figaro. Didier Bezace, très en forme. Ariane Ascaride lui devra son plus beau rôle de théâtre. L'Express. Ariane Ascaride, poignante, prodigieuse tragédienne au pathétique sourire. L'épatant avec Dario Fo, c'est que les sujets les plus graves, la vie, la mort, l'enfantement, la révolution, sont revus avec un humour et une jubilation communicative peu communs en France. Didier Bezace est en accord parfait avec lui. Le Canard enchaîné.

 

Le spectacle a été créé le 8 novembre 2006 au Théâtre de la Commune.
La maman bohême et Médée sont publiés chez Dramaturgie Éditions dans le tome IV Dario Fo/Franca Rame, Récits de femmes et autres histoires , 1986. Ces deux textes, à leur création en Italie, faisaient partie d'un spectacle ( Tutta casa, letto e chiesa ) créé à Milan au Palazzina Liberty, le 20 novembre 1977.