
|
![]() © Marc Daniau |
|
d'après Mikhaïl Boulgakov
|
|
Dans le Moscou des années 30 se nouent deux intrigues : d'une
part, la visite du Diable flanqué d'une pittoresque suite qui sème
la panique dans le monde mesquin des littérateurs et des bureaucrates,
et d'autre part, la persécution d'un écrivain anonyme, le
Maître, contraint de brûler sa dernière oeuvre, véritable
roman dans le roman de Boulgakov, qui raconte l'impossible dialogue entre
le philosophe Yeshoua et le procurateur Ponce Pilate. S'ajoutent les amours,
en rupture avec les valeurs traditionnelles, du Maître et de Marguerite, femme bourgeoise mariée qui pactise avec le Diable. Les histoires se lient lorsque le Malin, illusionniste, justicier et mécène, qui prononce une des phrases les plus célèbres de la littérature russe « Les manuscrits ne brûlent pas », sauve le livre du Maître, et lui fait rencontrer Pilate. Ce roman soumis au feu roulant de la censure ne sera publié quen 1966, vingt-six ans après la mort de lécrivain. Au-delà du plaidoyer contre les dérives totalitaires de la Russie des années 30, Mikhaïl Boulgakov pose une question universelle à travers les figures symboliques de lécrivain maudit et de la femme amoureuse: la création est-elle une valeur spirituelle qui mérite le sacrifice absolu de sa vie ?
La densité de sens et l'intrigue très élaborée
du Maître et Marguerite rendent impossible sur scène sa réalisation
complète. C'est pourquoi la seule issue est de couper juste un
petit morceau de la lune magique de cette oeuvre. La relation entre le
Diable et Marguerite, histoire de Faust réalisée à
travers une femme, est le thème principal du roman. C'est un fil
conducteur douloureux et au fort ressort dramatique. Marguerite n'est
pas seulement une femme qui s'est sacrifiée comme dans le Faust
de Goethe ; elle est celle qui a consciemment choisi l'autodestruction
perpétuelle par amour, qui est pour elle la plus grande source
de création. Woland (le Diable) et sa suite effrayante et grotesque
sont dotés de quelques traits sympathiques ce qui n'est
pas un hasard dans ce roman. Dans le système totalitaire stalinien,
eux seuls restent impunis pour leur liberté d'esprit. Plus encore,
ils démentent toute démagogie idéologique : ils sont
les seuls à accorder au Maître et à Marguerite le
droit à l'individualisme. |

| adaptation et dramaturgie Sigitas Parulskis scénographie Jurate Paulekaité costumes Vida Simanaviciute et Aleksandras Pogrebnojus musique Gintaras Sodeika surtitres Akvile Melkunaite |
| Revue de presse (...) il est rare que des créations made in France procurent autant de plaisir et surtout de stupeur. Véritable rénovateur du théâtre (...), Korsunovas montre ici encore son attirance pour les chemins non balisés. Télérama. Une sarabande endiablée. Quinze acteurs qui, trois heures durant, cavalcadent, voltigent. Quinze funambules équilibristes. Une mise en scène charivari, tourbillonnante, explosive. Le Monde. Un brio peu commun. Du roman de Mikhaïl Boulgakov, voici une version nerveuse et diabolique. Sur scène tout se passe dans l'ordre d'un cauchemar à tiroirs, par le truchement d'acteurs jeunes d'une mobilité et d'une souplesse imparables. Il est clair qu'avec ce brillant jeune homme on tient quelqu'un d'une grande valeur. L'Humanité |