Theatre de la Commune

collaboration artistique
Karen Rencurel

scénographie
Jean Haas
assisté de Marie-Claude Blais
costumes
Patrice Cauchetier

assisté de Marine Dubois
lumières
Sylvain Charlemagne

répétiteur des chants
Christian Gavillet
piano
Benjamin Righetti
régie générale
Nicolas Berseth

 
 

Egalité homme-femme :
où en est-on ?
> Quelques chiffres

 


 


Dossier pédagogique

Saison 2006/07
La Mère
 
de Bertolt Brecht
traduction Maurice Regnaut et André Steiger
musique Hanns Eisler
mise en scène Jean-Louis Benoit


© Marc Daniau
 
du vendredi 17 au dimanche 26 novembre 2006
dates adhérents / abonnés du 17 au 26 novembre
du mardi au samedi à 20h30, le dimanche à 16h
durée 2h10

un atelier théâtre dirigé par Jean-Louis Benoit avec les élèves de la Manufacture, Haute école de théâtre de Suisse romande (HETSR – promotion B) Marc Berger, Tiphanie Bovay, Lætitia Dosch, Alexandre Doublet, Simon Guélat, Anaïs Lesoil, Patricia Mollet-Mercier, Aurélien Patouillard, Viviane Pavillon, Athena Poullos, Julie-Kazuko Rahir, Adrien Rupp, Anne Schwaller, Catherine Travelletti, Émilie Vaudou

  
Quoi qu'on décide finalement sur Brecht, il faut du moins marquer l'accord de sa pensée avec les grands thèmes progressistes de notre époque, à savoir que les maux des hommes sont entre les mains des hommes eux-mêmes, c'est-à-dire que le monde est maniable ; […] que le théâtre doit aider résolument l'Histoire en en dévoilant le procès ; que les techniques de la scène sont elles-mêmes engagées ; qu'enfin il n'y a pas une « essence » de l'art éternel, mais que chaque société doit inventer l'art qui l'accouchera au mieux de sa propre délivrance.
Roland Barthes
 


Copyright Olivier Rochat/Manufacture
 

La Mère est une pièce sur l'éducation, l'initiation, la filiation. C'est le spectacle de l'accouchement d'une conscience, de l'éveil d'un savoir en prise avec le mouvement de l'Histoire. C'est aussi un chemin de vie peu ordinaire, celui d'un apprentissage à l'envers, où le savoir est transmis de la génération montante à l'ancienne, du fils à la mère. La pièce retrace en effet le parcours initiatique de Pélagie Vlassova, une femme russe issue du peuple qui, d'abord hostile au militantisme communiste de son fils, se range petit à petit à ses côtés. Après la mort violente de ce dernier, son action révolutionnaire ira croissant.
À l'époque de sa création, La Mère est aussi un acte politique spontané de contestation. En effet, en montant à Berlin en 1932 cette pièce librement inspirée du roman de Gorki, Brecht prend position contre la campagne de diffamation menée en Allemagne contre l'Union soviétique. Les représentations, à plusieurs reprises interrompues par la police, se réduisent bientôt à une simple lecture publique de la pièce. En 1933, adversaire du régime nazi, Brecht prend le chemin de l'exil ; ses oeuvres et leur diffusion sont interdites dans le pays.
Dans sa mise en scène, Jean-Louis Benoit reste fidèle aux indications scéniques de l'auteur qui recommandait que cette pièce soit montée avec légèreté. Comme souvent chez Brecht, musiques et chansons, très présentes ici, servent de ponctuations au récit. Sur scène, 15 jeunes comédiens se donnent la réplique et interprètent les chants écrits par Hanns Eisler lors de la création de la pièce. Le pari de ce spectacle, c'est aussi de voir comment des jeunes gens, en 2006, se réapproprient l'Histoire.

 
Repères
La Mère
/ Mère Courage
En 1938, Brecht écrira Mère Courage , personnage brechtien plus complexe, moins idéaliste, que celui de La Mère . Là où le personnage de La Mère adhère au socialisme jusqu'au don total de soi, par amour pour son fils, le personnage de Mère Courage est plus profondément divisé par des aspirations contradictoires. Sur fond de conflits de classes, oscillant entre la générosité et l'égoïsme, la lucidité et l'aveuglement, la révolte et la capitulation, elle s'enlise dans une situation inextricable : pour nourrir ses enfants, Mère Courage cherche son butin aux portes de l'enfer, et perd l'un après l'autre ceux qu'elle voulait sauver.

 
coproduction Manufacture – Haute école de théâtre de Suisse romande (direction Yves Beaunesne), Théâtre National de Marseille La Criée
L'atelier a été présenté le 23 juin 2005 au Théâtre National de Marseille La Criée.
Le texte de la pièce est publié à L'Arche Éditeur.