du jeudi 29 novembre
au samedi 8 décembre 2007
dates adhérents / abonnés du 29 novembre au 8 décembre
mardi, mercredi, vendredi et samedi à 21h, jeudi à 20h et dimanche à 16h30
durée environ 2h
Le jeudi de La Cruche cassée
à l'issue de la représentation – attention : le jeudi, début des représentations à 20h
jeudi 6 décembre : autour de l'œuvre de Kleist Questions sur une comédie déraisonnable avec Frédéric Bélier-Garcia et l'équipe artistique
entrée libre, dans la limite des places disponibles
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collaboration artistique Caroline Gonce scénographie Jacques Gabel lumières Franck Thevenon son Anita Praz costumes Catherine Leterrier maquillages Catherine Nicolas


photo


production Nouveau Théâtre d'Angers – Centre dramatique national Pays de la Loire, Théâtre de Namur, Comédie de Picardie avec la collaboration du Grand T – Scène conventionnée Loire-Atlantique et de la Compagnie des Petites Heures

Le spectacle est créé en septembre 2007 au Nouveau Théâtre d'Angers.

création - de Heinrich von Kleist
adaptation Arthur Adamov
mise en scène Frédéric Bélier-Garcia
affiche Marc Daniau avec
Christelle Cornil
, Noémie Dujardin, Emmanuel Guillaume, Jan Hammenecker, Francis Leplay, David Migeot, Agnès Pontier et Laurence Roy

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Tout a commencé par une estampe [1] … que l'auteur allemand Heinrich von Kleist entraperçoit en 1802 au cours d'un voyage en Suisse. On y voit un juge, l'air grave ; devant lui, une vieille femme porte une cruche cassée ; l'accusé, un jeune paysan, continue à se défendre, bien que fort mollement ; une jeune fille, sans doute témoin en cette affaire, triture son tablier, debout entre sa mère et son fiancé – l'auteur d'un faux témoignage n'aurait eu, confia Kleist, physionomie plus contrite ; le greffier quant à lui observe le juge d'un air suspicieux… Cette pièce de la vie quotidienne inspire en 1805 à Kleist, génie tragique obsédé par le thème du péché et du repentir, une farce paysanne foudroyante, La Cruche cassée .
Dans un village de la très bourbeuse province d'Utrecht, un juge peu scrupuleux est amené, devant un « conseiller » venu inspecter son tribunal, à instruire son propre crime, celui d'avoir tenté de corrompre, lors d'une visite nocturne, une jeune fille. Pendant le procès, à court de subterfuges, il est peu à peu démasqué. Le juge s'appelle Adam et la jeune fille, Ève. C'est, derrière le fait divers et sur le ton de la bouffonnerie, le procès de l'humanité auquel on assiste ; l'homme y est tortueux et pervers, la femme pure et victime. Mais, au bout de la farce, Kleist met finalement homme et femme face aux mêmes contradictions…
1 La Cruche cassée, estampe de Le Veau datant de 1782.
 

 
« Vous le voyez. Pour trébucher, il n'est besoin que de pieds.
Sur ce plancher tout uni, y a-t-il une embûche ?
Or c'est ici que j'ai trébuché ; car chacun porte
En soi la fâcheuse pierre à laquelle on achoppe. »

Heinrich von Kleist, La Cruche cassée – extrait

 

Dans ce procès, où le juge est le coupable, la jubilation du spectateur réside dans l'observation des efforts démoniaques que le juge déploie pour détourner le soupçon de lui-même.
Nous monterons l'instruction réjouissante de cette rencontre nocturne du Juge Adam et de la petite Ève, et la Chute qui s'ensuivit… dans le même éclat de rire allègre, avec lequel Kleist raconte sa propre histoire du monde, notre monde et sa cocasse Genèse, comme un fait divers aussi grotesque et sulfureux. Une farce céleste.
Frédéric Bélier-Garcia


Repère
Génie singulier à la vie heurtée, esprit tourmenté de santé fragile, l'auteur allemand Heinrich von Kleist (1777-1811) trouve dans la seule création littéraire l'aliment dont sa fiévreuse quête d'absolu a besoin. À 34 ans, fidèle à sa fougue, il se donne la mort par respect du pacte de suicide signé avec sa compagne Henriette Vogel atteinte d'un cancer. Il laisse derrière lui une œuvre abondante. Ignoré de son temps, on le redécouvre dans les années 1920, et il est considéré aujourd'hui comme un des plus grands tragiques des lettres allemandes. Deux de ses pièces – Le Prince de Hombourg et Penthésilée – ont acquis en France droit de cité, notamment grâce à Jean Vilar ; au cinéma, Éric Rohmer adapte en 1976 La Marquise d'O .