Saison 98/99

 


Fin et début
Compagnie François Verret
du 19 mai au 4 juin 1999

Fin et début, voyage d'un chorégraphe dans le "Masculin, Féminin".
François Verret, qui anime aussi depuis plusieurs années les Laboratoires d'Aubervilliers, a accepté de confronter sa vision de danseur et de chorégraphe, à un thème que le théâtre lui propose...
 

La perception est vorace. Plus vorace encore quand le texte se fait plus rare et que les corps s'exposent à une incessante autobiographie.
Quand nous avons rencontré François Verret pour lui demander de se joindre à notre saison, nous n'en avions peut-être pas conscience à ce point.
Nous avons commencé, ensemble, une conversation chargée de bouts de textes, d'images, de sons, d'idées encore insaisissables, qui doit nous porter à ce rendez-vous de mai 1999 et nous permettre d'en retrouver la Fin et le Début.
L'honnêteté de François Verret n'est pas seulement de se mettre en marge de la production conventionnelle d'un spectacle (nul jeu ou coquetterie artistique), mais de nous renvoyer, comme partenaire et demandeur, l'idée que le "savoir chorégraphique", s'il existe, ne se décide pas. Au mieux il se constate, quand le travail, en voie d'aboutir, se renouvelle sous l'œil du spectateur.
Nous prenons avec lui et vous, le pari de cette rencontre sans essayer de la classer dans la  catégorie (la danse) où elle semble nous renvoyer !

Laurent Caillon

 

Curriculum Vitae

Que faut-il ?
Il faut écrire une requête
et joindre son curriculum vitae.

Quelle que soit la longueur de la vie,
le c.v. se doit d'être court.

On est prié d'être succinct et de trier les faits
Transformer les paysages en adresses
Et les vagues souvenirs en dates fixes.

De toutes les amours, suffit le conjugal,
parmi les enfants, rien que les vraies naissances.

Qui te connaît, pas qui tu connais.
Les voyages si à l'étranger.
Appartenance à quoi sans pourquoi.
Distinctions sans à quel titre.

Ecris comme si tu ne t'étais jamais parlé,
comme si tu te tenais à distance.

Passe sous silence chiens, chats, oiseaux
Souvenirs de pacotille, amis et rêves.

Prix plutôt que valeur
Titre plutôt que teneur.
Pointure de chaussures plutôt qu'où il va
celui pour lequel tu passes.

Joindre une photo avec une oreille bien visible.
C'est sa forme qui compte, pas ce qu'elle entend.
Et qu'est-ce qu'elle entend ?
Le ronflement des machines à broyer du papier.

Wislawa Szymborska


Compagnie François Verret

Avec Jean-Pierre Drouet, Louis Sclavis, François Verret, Catherine Jauniaux.
Scénographie: Claudine Brahem, lumières: Christian Dubet, son: Etienne Bultingaire.

Création, production Théâtre de la Commune, CDN d'Aubervilliers, Compagnie François Verret, Les Laboratoires d'Aubervilliers, Polyphon.
 


photo: Stéphane Santini

François Verret
Chorégraphe depuis 1980. Tous ses spectacles ont été créés en étroite collaboration avec d'autres artistes... Acteurs, Daniel Emilfork, Daniel Kenigsberg, Frédéric Leidgens, Alain Rigout,... Danseurs, Anne Koren, Bernardo Montet, Mathilde Monnier, Jean-Christophe Pare,... Musiciens, Ghédalia Tazartes, Yumi Nara, Fred Frith, Jean-Pierre Drouet,... Plasticiens, Goury, Claudine Brahem,... Eclairagistes, Rémi Nicolas, Christian Dubet... 
Il reçoit en 1980 le premier prix du concours chorégraphique de Bagnolet avec la pièce Tabula Rasa. 
Il poursuit son travail avec notamment : Fin de Parcours (1982), Les Portes d'Italie, In illo Tempore pour le GRCOP (Groupe de Recherche Chorégraphique de l'Opéra de Paris), Une éclipse totale de soleil (1983), La Latérale de Charlie pour le CNDC d'Angers, Illusions Comiques, La pour le GRCOP, La Chute de la Maison Carton (1986), Det Kommer, Det Kommer pour les ballets Cullberg, Quel est le secret ? (1987), L'Horloge en folie, L. et Eux, la Nuit, Faustus (1990), Le vent de sa course, Où commencer ? (1992), Nous sommes des vaincus (1994), Rapport pour une académie (1996), Sur l'air de Marlbrough avec l'Ecole Nationale des Arts du Cirque, Mémento (1997), Qui voyez-vous ? (1997), Kaspar Konzert (1998), Fin et Début (1999). 
En 1993, il crée Les Laboratoires d'Aubervilliers dont il assure depuis la direction artistique. 


Jean-Pierre Drouet
Percussionniste de formation, il mène sa vie de musicien dans de multiples directions. Se destinant d'abord au jazz, il se tourne vers la musique "contemporaine" à la suite de sa rencontre avec Luciano Berio. Nombreuses créations de nombreux compositeurs, mais aussi nombreuses improvisations avec Michel Portal, Fred Frith, Vinko Globokar, Bernard Lubat, Daniel Humair, Louis Sclavis et autres amis. 
Il étudie parallèlement les musiques extra-européennes, avec Chemirani pour le zarb iranien et Chatur Lal et Dasmal Arora pour les tablas indiennes. 
Il se tourne de plus en plus vers le "théâtre musical" d'où de nombreuses collaborations avec Georges Aperghis ou Mauricio Kagel, individuellement ou au sein du trio de percussion Le cercle et son travail sur les machines musicales de Claudine Brahem. Mi-musicien, mi-acteur, il crée un personnage de clown-musicien dans le spectacle Zingaro Chimères de Bartabas.  Compositeur, il travaille pour le théâtre (Jean-Marie Serreau, Claude Régy, Bartabas), pour la danse (Théâtre du silence, Stéphanie Aubin, Jean-Claude Gallotta, François Verret) et pour le concert (Atem, Musica, Percussions de Strasbourg, Quatuor Hélios, Vinko Globokar, etc). 

Louis Sclavis
Né en 1953, Louis Sclavis apprend la clarinette en 1962 d'abord dans une harmonie de quartier puis au Conservatoire de Lyon. De 1975 à 1988, il joue avec le Workshop de Lyon, le Marvelous Band et La Marmite infernale. 
Parallèlement, il rencontre Didier Levallet, Michel Portal, Bernard Lubat, joue avec le Brotherhood of Breath de Chris MacGregor et le quartet d'Henri Texier. 
En 1982, il monte son premier groupe Le Tour de France avec 6 autres musiciens originaires de différentes régions : Gérard Siracusa, Yves Robert, Benat Achiary, Philippe Deschepper, Michel Doneda et Alain Gibert. En 1984, il enregistre un disque solo Clarinettes et monte un quartet avec Bruno Chevillon, Christian Ville et François Raulin. 
En 1987, il crée un septet pour le Festival Banlieues Bleues et en 1988 obtient le prix Django Reinhardt décerné au meilleur musicien de jazz français. En collaboration avec Jacques di Donato et Armand Angster, il monte le trio de clarinettes dont les concerts proposent un parcours alliant le répertoire contemporain à la musique improvisée. Ils enregistrent Live in Berlin. 
Il rencontre la chorégraphe Mathilde Monnier avec laquelle il travaille sur plusieurs spectacles A la renverse, Chinoiserie, Face Nord, Ainsi de suite. 
En 1990, création en sextet pour le festival de Jazz de Paris d'un hommage à Duke Ellington, enregistré chez Ida Records et pour lequel il obtient le Django d'Or 1993 du meilleur disque de jazz de l'année. En 1992, il monte en collaboration avec Dominique Pifarely l'Acoustic Quartet avec Bruno Chevillon et Marc Ducret. 
Depuis 1980, il est le compositeur de la compagnie de théâtre de Christiane Véricel, compose aussi pour Jean-Louis Martinelli et au cinéma, pour Jean-Louis Comolli et Bertrand Tavernier. Il collabore régulièrement avec le photographe Guy Le Querrec à plusieurs spectacles De l'eau dans le jazz", Œil de Breizh, Jazz comme une image. 
Il joue aussi avec le trio Sclavis/Romano/Texier et travaille comme soliste pour le compositeur Fabien Tehericsen. 
En 1994, nouveau trio avec Bruno Chevillon (contrebasse) et François Merville (batterie). Avec le sextet, création Les violences de Rameau au Théâtre de la Renaissance à Oullins. En 1995, commande de la Cité de la Musique d'une création Périphérie pour 10 musiciens avec le Festival Banlieues Bleues. 
Louis Sclavis reçoit en 1996 le Grand Prix National de la Musique décerné par le Ministère de la Culture et en janvier 1997, collabore pour le festival Sons d'Hiver avec Fred Frith (guitares) et Jean-Pierre Drouet (percussions). 

Claudine Brahem
Architecte DPLG, Claudine Brahem travaille de 1981 à 1991 avec l'Atem où elle crée lumières et scénographie pour Georges Aperghis qui lui commande ses premières machines en 1985. 
En 1991, elle crée sa compagnie, Polyphon, et se consacre entièrement à son travail sur les machines sonores qu'elle regroupe dans une exposition qui tourne en France et à l'étranger dans les principaux festivals de musique contemporaine et autres lieux culturels (musées, conservatoires, lieux de spectacle...). 
Création de machines et instruments pour les compositeurs, metteurs en scène et chorégraphes Giorgio Battistelli, Michaël Lonsdale, Gilles Zaepffel, Jean-Pierre Drouet, Nicolas Frize, Denis Barbier, Fred Frith. 
En 1994, elle rencontre le chorégraphe François Verret avec qui elle conçoit plusieurs machines scénographiques. 
Parallèlement, elle anime quelques ateliers pour enfants ; interventions à l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Bourges, enseignement à l'Ecole Nationale des Arts du Cirque.