THEATRE DE LA COMMUNE
SAISON 97/98

Prix du spectacle du VIème Prix Etudiants et Théâtre

Une envie de tuer sur le bout de la langue
de Xavier Durringer, mise en scène David Géry

    Les autres font la fête, ceux-là n'y sont pas.
    Vic, le désenchanté
    Rou qui a la rage
    Rose, la jeune fille qui s'excuse d'avoir des rêves
    Lucie, la belle qui fuit l'ennui
    Le mari de Lucie, qui débarque
    Poupon, le sacrifice de l'innocent.
    Ils n'ont plus envie de jouer le jeu ou bien on ne leur en a jamais laissé les moyens. Pourtant ils veulent quelque chose de cette vie, et puis  l'amour.
    On les suit, plantés sur les bas côtés de la discothèque, sans que l'intensité ne se relâche à aucun moment.
     

    "Xavier Durringer raconte sans fioriture, la violence urbaine, ou encore l'incommunicabilité amoureuse. Il use d'une langue riche et vigoureuse. Ses personnages sont faits de chair et de passion."
    J.E. Bugat "Le Journal du Théâtre"

    (Xavier Durringer écrit et met en scène pour le cinéma et le théâtre.)

    Avec :
    Dominique Boissel, Emmanuel Courcol, Eric Dufay, 
    Donatien Guillot, Marianne Merlot, Marina Pastor.

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"Quel theâtre aujourd'hui pour refléter le monde, et nous y refléter? Le théâtre de Xavier Durringer, par la modernité de sa langue, a le pouvoir que peu d'écritures contemporaines ont: celui d'être en phase avec notre temps, celui de nous raconter. A travers des personnages qui dans leurs présences, leurs désirs, leurs sentiments, leurs déchirements, leurs désarrois, sont en décalage d'eux-mêmes et du monde, et en quête de ce "je ne sais quoi" à jamais perdu et qui les recalerait."
David Géry
    "Xavier Durringer, jeune écrivain et cinéaste français de 35 ans, brillant dialoguiste, parle une langue agile et vive, crue et directe, représentative du langage que l'on peut entendre, tous les jours dans la bouche des jeunes, dans la rue, dans le métro, dans les cafés, sur les trottoires des banlieues, ou ailleurs.
    Jeu social, jeu de mots. Cette langue montre le désarroi de ceux qui inconsciemment savent qu'ils leur manquent quelque chose. Racine? Culture? Le droit à la parole?
    Jeune écriture contemporaine, langue - reflet d'un paysage français, qui porte en elle la force de nous plonger en nous-même, exclu et solitaire, en quête de partage et de vastes horizons, pour s'envoler loin, à l'extérieur de nos petites limites, de nos diverses prisons, réelles ou fictives.
    C'est l'histoire de six personnes que la solitude rassemble sur une place, un samedi soir, à côté d'un boîte de nuit.
    David Géry, jeune metteur en scène et peintre, qui met un point d'honneur à travailler dans le respect des textes qu'il met en scène, tisse les relations de ces êtres multiples, comme un peintre organise sa toile, pour nous happer  rour entier dans le tableau de sa sensibilité subtile, vers le sort inexorable des personnages, en maintenant toujours ouvert le sens de l'histoire.
    Il s'attache avant tout à montrer l'humanité de ses personnages, et crée la vie sur le théâtre.
    L'espace, les volumes, les corps vivants qui s'ouvrent et se ferment les uns aux autres, sont unis dans une même énergie, une même circulation de souffle et de couleurs, pour raconter la grande humanité de gens ordinaires qui désespéremment essayent de communiquer, de se rencontrer, de s'aimer, de se haïr, de se séparer, de s'envoler, enfin d'être libre...
    Le décor est épuré, les silhouettes s'y découpent comme dans certaines peintures aéricaines surréalistes des années 50. Un applat d'herbe, une pente, un banc, éclair noir, cicatrice sur cette surface, qui pourrait être n'importe où. Un bout de terre dans l'espace, dans le vide, une pente entre ciel et précipice. Terrain d'envol où la vie peut s'envoler ou tomber, survivre ou mourir. Entre l'exclusion des uns qui à leur tour vont faire subir l'exclusion aux autres, entre envol et mort, entre départ et immobilité, entre apparitions et disparitions, entre vérité et secret, comment peut-on réellement partir, peut-on être libre?
    Deavant un cyclo qui se colore des couleurs du temps qui passe, temps subjectif et intérieur, apparaît l'essence de la violence et de la douleur de l'être humain, où malgréla solitude, le destin de l'un est relié au destin de l'autre. Vertige."
    Laura Koffler
     

    Création à Aubervilliers/Théâtre de la Commune du 20 mars au 1er avril 1998.
    Reprise au Théâtre de la Tempête (Cartoucherie de Vincennes) du 15 janvier au 15 février 1999.