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SAISON
2001/02
En 1662, le 29 janvier,
Molière se marie avec Armande Béjart; le 26 décembre,
il présente L'Ecole des femmes qui sera la seule création
de cette année! C'est le plus grand succès que connaîtra
Molière. Le succès de la pièce et le déchaînement
des esprits à son encontre est bien le signe que ce n'est pas une
réussite ordinaire, mais l'avènement d'une forme nouvelle
en rupture avec l'ordre ancien. De la farce à la comédie,
de L'Ecole des maris à L'Ecole des femmes.
Pierre Arditi
© Jean-Philippe Granier/La Compagnie des Indes
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Un
homme en retard
"Oui, je veux terminer la chose dans demain." L'homme qui
au début de L'Ecole des femmes, assène cette réplique,
ne sait pas qu'il a en réalité cinq actes de retard sur
les autres personnages de la pièce et que la mise en uvre
de son projet est ruinée d'avance. La femme qu'il prétend
s'être fabriquée sur mesure et qu'il veut épouser
en défiant le monde est déjà amoureuse d'un autre
homme, leur mariage est en route, scellé par deux pères
qui n'attendent que le dénouement pour apparaître.
Dès lors, à quoi sert l'intrigue et ses péripéties,
construite d'acte en acte sur un schéma volontairement répétitif
? Moins à nous surprendre par ses détours et ses rebondissements
qu'à nous faire éprouver les tourments d'une conscience
aveugle confrontée aux forces de la vie.
Déjà
fidèle à un système dramaturgique qu'il ne cessera
de remettre sur le métier, Molière se dédouble
: sous le masque des personnages qu'il confronte à Arnolphe,
celui de l'innocence, de la rivalité, de l'amical bon sens ou
de l'insolence subalterne, il ne cesse de dire à l'autre, qu'il
incarne lui-même sa tragique erreur et lui annonce sa perte de
scène en scène jusqu'à l'achever par un dénouement
ficelé d'avance. Ainsi L'Ecole s'inverse : elle devait être
celle d'un magister tyrannique à l'égard d'une jeune conscience
brimée, celle de l'appropriation, de la bêtise et de la
cruauté, celle qu'on subit encore tout près de chez nous
sous certains voiles, elle devient l'apprentissage forcé de l'humain
par un homme solitaire et têtu. Si le combat de la vie semble
gagné d'avance, celui de la lucidité apparaît comme
perdu : Arnolphe restera jusqu'au bout un mauvais élève
et la fin de la pièce le met au piquet pour toujours.
Est-ce cette fin sans appel qui fait de L'Ecole une tragédie
autant qu'une farce ? En tout cas, Molière y pose les prémices
d'un combat pour la vie qu'il continuera de mener de pièce en
pièce au nez des dévots et sous son masque de clown, presque
comme un messager du siècle suivant, celui des lumières.
Didier Bezace
Pierre Arditi
et Agnès Sourdillon
(C) Brigitte Enguerrand
libre de droits pour la presse régionale
et les programmes de théâtre
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EXTRAIT
Arnolphe
(
) Vous ne m'aimez donc pas à
ce compte?
Agnès Vous ?
Arnolphe Oui.
Agnès Hélas ! non.
Arnolphe Comment, non !
Agnès Voulez-vous que je mente
?
Arnolphe Pourquoi ne m'aimer pas,
Madame l'impudente?
Agnès Mon dieu, ce n'est pas
moi que vous devez blâmer :
Que ne vous êtes-vous, comme lui, fait aimer?
Je ne vous en ai pas empêché, que je pense.
Arnolphe Je me suis efforcé
de toute ma puissance;
Mais les soins que j'ai pris, je les ai perdus tous.
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assistante
à la mise en scène Dyssia
Loubatière
scénographie Philippe Marioge
lumière Marie Nicolas,
M. Leborgne
son Bernard Vallery
costumes Cidalia da Costa,
R. Quarmby
coiffures et maquillages Cécile Kretschmar,
S. Niesseron
Equipe
technique du Théâtre de la Commune :
directeur technique
Bernard Estève, régie générale Serge Serrano,
régisseur lumière Maurice Fouilhé, régie son
Thierry Jousse, régisseur plateau Manu Vidal, poursuiteur Vincent
Boute, machiniste David Gondal, chef costumière Lucia Bo, habilleuse
Odile Crétault
Coproduction
Théâtre
de la Commune-centre dramatique national d'Aubervilliers, TNT-Théâtre
de la Cité, TNP-Villeurbanne, Théâtre national de
Marseille-La Criée, Les Gémeaux-Sceaux-scène nationale,
Scène nationale du Petit Quevilly, Théâtre du Muselet-scène
nationale de Châlons en Champagne, Maison de la Culture d'Amiens,
Festival d'Avignon, avec le soutien du Conseil Régional d'Ile de
France et du Conseil Général de la Seine-Saint-Denis.
Dessin
affiche
Stanislas Bouvier
Venez découvrir
sur le site www.jp-granier.com les
coulisses d'une création
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