THEATRE DE LA COMMUNE

     SAISON 2001/02

affiche

L'Ecole des Femmes
de Molière 
Mise en scène Didier Bezace

collaboration artistique Laurent Caillon


Créé en juillet 2001 au
Festival d'Avignon
Repris du 15 janvier au 8 mars 2002
mardi au samedi à 20h30. Dimanche à 16h (durée 2h30)
au Théâtre de la Commune,
puis en tournée

avec
Arnolphe Pierre Arditi · Chrysalde Christian Bouillette · Alain Gilles David
 · Oronte Jean-Paul Sermadiras  · Le Notaire, Enrique Thierry Gibault  · Agnès Agnès Sourdillon Georgette Martine Thinières  · Horace Olivier Ythier


En 1662, le 29 janvier, Molière se marie avec Armande Béjart; le 26 décembre, il présente L'Ecole des femmes qui sera la seule création de cette année! C'est le plus grand succès que connaîtra Molière. Le succès de la pièce et le déchaînement des esprits à son encontre est bien le signe que ce n'est pas une réussite ordinaire, mais l'avènement d'une forme nouvelle en rupture avec l'ordre ancien. De la farce à la comédie, de L'Ecole des maris à L'Ecole des femmes.


Pierre Arditi
Pierre Arditi
© Jean-Philippe Granier/La Compagnie des Indes

Un homme en retard
"Oui, je veux terminer la chose dans demain." L'homme qui au début de L'Ecole des femmes, assène cette réplique, ne sait pas qu'il a en réalité cinq actes de retard sur les autres personnages de la pièce et que la mise en œuvre de son projet est ruinée d'avance. La femme qu'il prétend s'être fabriquée sur mesure et qu'il veut épouser en défiant le monde est déjà amoureuse d'un autre homme, leur mariage est en route, scellé par deux pères qui n'attendent que le dénouement pour apparaître.
Dès lors, à quoi sert l'intrigue et ses péripéties, construite d'acte en acte sur un schéma volontairement répétitif ? Moins à nous surprendre par ses détours et ses rebondissements qu'à nous faire éprouver les tourments d'une conscience aveugle confrontée aux forces de la vie.
Déjà fidèle à un système dramaturgique qu'il ne cessera de remettre sur le métier, Molière se dédouble : sous le masque des personnages qu'il confronte à Arnolphe, celui de l'innocence, de la rivalité, de l'amical bon sens ou de l'insolence subalterne, il ne cesse de dire à l'autre, qu'il incarne lui-même sa tragique erreur et lui annonce sa perte de scène en scène jusqu'à l'achever par un dénouement ficelé d'avance. Ainsi L'Ecole s'inverse : elle devait être celle d'un magister tyrannique à l'égard d'une jeune conscience brimée, celle de l'appropriation, de la bêtise et de la cruauté, celle qu'on subit encore tout près de chez nous sous certains voiles, elle devient l'apprentissage forcé de l'humain par un homme solitaire et têtu. Si le combat de la vie semble gagné d'avance, celui de la lucidité apparaît comme perdu : Arnolphe restera jusqu'au bout un mauvais élève et la fin de la pièce le met au piquet pour toujours.
Est-ce cette fin sans appel qui fait de L'Ecole une tragédie autant qu'une farce ? En tout cas, Molière y pose les prémices d'un combat pour la vie qu'il continuera de mener de pièce en pièce au nez des dévots et sous son masque de clown, presque comme un messager du siècle suivant, celui des lumières.
Didier Bezace




photo
Pierre Arditi et Agnès Sourdillon
(C) Brigitte Enguerrand

libre de droits pour la presse régionale
et les programmes de théâtre

EXTRAIT

Arnolphe (…) Vous ne m'aimez donc pas à ce compte?
Agnès Vous ?
Arnolphe Oui.
Agnès Hélas ! non.
Arnolphe Comment, non !
Agnès Voulez-vous que je mente ?
Arnolphe Pourquoi ne m'aimer pas, Madame l'impudente?
Agnès Mon dieu, ce n'est pas moi que vous devez blâmer :
Que ne vous êtes-vous, comme lui, fait aimer?
Je ne vous en ai pas empêché, que je pense.

Arnolphe Je me suis efforcé de toute ma puissance;
Mais les soins que j'ai pris, je les ai perdus tous.

Entretien
avec Didier Bezace

Didier Bezace
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assistante à la mise en scène Dyssia Loubatière
scénographie Philippe Marioge
lumière Marie Nicolas, M. Leborgne 

son Bernard Vallery
costumes Cidalia da Costa, R. Quarmby
coiffures et maquillages Cécile Kretschmar, S. Niesseron

Equipe technique du Théâtre de la Commune :  directeur technique Bernard Estève, régie générale Serge Serrano, régisseur lumière Maurice Fouilhé, régie son Thierry Jousse, régisseur plateau Manu Vidal, poursuiteur Vincent Boute, machiniste David Gondal, chef costumière Lucia Bo, habilleuse Odile Crétault
Coproduction
Théâtre de la Commune-centre dramatique national d'Aubervilliers, TNT-Théâtre de la Cité, TNP-Villeurbanne, Théâtre national de Marseille-La Criée, Les Gémeaux-Sceaux-scène nationale, Scène nationale du Petit Quevilly, Théâtre du Muselet-scène nationale de Châlons en Champagne, Maison de la Culture d'Amiens, Festival d'Avignon, avec le soutien du Conseil Régional d'Ile de France et du Conseil Général de la Seine-Saint-Denis.
Dessin affiche Stanislas Bouvier

Venez découvrir sur le site www.jp-granier.com les coulisses d'une création


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