Théâtre
de la Commune
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1er juillet 1997
- Une
nouvelle direction au théâtre
de la Commune
Les projets de Didier
Bezace
et de son équipe
Après 27 ans d'aventure au Théâtre de l'Aquarium,
fondé à l'intérieur de Normale Sup avec Jean-Louis
Benoît en 1970 puis implanté à la Cartoucherie de
Vincennes, et alors qu'il rencontre un grand succès à
Avignon (Prix du Syndicat de la Critique pour le cycle "C'est pas facile")
Didier Bezace est nommé à la direction du Théâtre
de la Commune d'Aubervilliers (1er juillet 1997). Entouré
notamment de Laurent Caillon et Catherine
Dan, il y succède à Brigitte Jacques et François
Regnault.
"L'ambition civique d'un théâtre de service
public" ?
quelques propos de Didier Bezace
"J'espère que le public viendra à Aubervilliers
comme il est venu à l'Aquarium. Au moment où l'institution
est décriée, je trouve qu'il est intéressant d'aller
voir ce qui s'y passe de l'intérieur. Le Théâtre de
la Commune est le produit d'une grande volonté de partager le théâtre
avec un public qui n'y avait pas droit. Comment ne pas vouloir rester
fidèle à ces principes, agir pour en faire une belle maison
que l'on aime, dont on est fier. Il faut que ceux qui se rendent au théâtre
sachent où ils sont, qu'ils s'y sentent bien, aient envie d'y rester,
d'y revenir..."
Spectacles vivants
"S'il est assez naturel de se regarder au travers de fictions, il faut
pour cela avoir une relative liberté. Pour jouir de cette liberté
qui nous incite à nous mettre hors de nous même, il faut
être relativement bien dans sa propre vie. Or il y a énormément
de personnes qui pour des raisons sociales, économiques ne sont
pas bien dans leur vie. Mais ce n'est pas au théâtre de
résoudre ça. Seule une action politique le peut. Pour
autant, je crois que notre mission est de nous adresser à tous
ceux qui attendent du théâtre cette interrogation perpétuelle
sur notre propre histoire. Le théâtre ne peut résoudre
à lui seul ce manque de liberté, mais il doit composer
avec, en donnant au théâtre une vraie présence pour
les personnes alentour. C'est le pari d'une implantation d'un théâtre
dans une ville, dans un département. Je me dis que je suis avec
les gens qui m'entourent un raconteur d'histoires, et raconter des histoires
doit concerner des gens, même s'il ne sera pas facile de les atteindre."
"Nous devons faire retrouver le goût du spectacle vivant aux habitants
d'Aubervilliers. Pour cela une seule méthode: aller à
la rencontre des comités de quartiers, des associations, de se
rendre dans les entreprises, les collèges, les lycées
techniques et professionnels. Nous organisons des rencontres, des interventions
dans les classes, des visites du théâtre. Nous avons mis
en place un jumelage avec deux lycées, en retour nous commençons
à avoir une fréquentation d'un public nouveau..."
Regarder le monde, se regarder soi-même
"On a l'impression de vivre dans une époque où,
pour vivre, le théâtre doit uniquement donner la caution
des grands auteurs consensuels, reconnus et identifiés. C'est dommage.
Ce n'est pas un projet en soi de monter un grand auteur, c'est un grand
auteur parce que tout à coup il raconte quelque chose qui fait
écho chez vous et qu'il est urgent de le dire avec lui."
"Je me sens un citoyen engagé et un artiste dégagé...
J'ai besoin du théâtre pour mieux comprendre ma vie, mon
histoire, celle des autres. Ce n'est pas un outil de propagande le théâtre.
C'est un outil de réflexion et d'émotion. C'est un lieu
d'exception où des gens sont invités à s'asseoir
pour regarder le monde et se regarder eux-mêmes à travers
des histoires plus ou moins loufoques qu'on leur propose."
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