théâtre de la Commune
Dehors devant la porte - visuel
© Marc Daniau

création
Dehors devant la porte
 
de Wolfgang Borchert
traduction Pierre Deshusses
mise en scène Laurent Hatat

avec
Pierre Bodson, Daniel Delabesse, Nicolas Ducron,
Perrine Fovez, CélineLanglois, Pierre-Yves Leborgne,
Elizabeth Mazev, Damien Olivier, Bruno Tuchszer

 
du jeudi 20 janvier au dimanche 13 février 2005
du mardi au samedi à 21h00
dimanches à 16h30
durée estimée 1h30

 
Un homme rentre en Allemagne.
Il a été longtemps absent, cet homme. Très longtemps. Trop longtemps peut-être. Et il revient tout différent de ce qu'il était en partant. Extérieurement, il ressemble à ces silhouettes que l'on voit dans les champs, plantées là pour effrayer les oiseaux (et parfois les hommes, au crépuscule). Intérieurement - aussi. Mille jours durant, il a attendu dans le froid. Et pour rentrer, il a dû payer d'une rotule ; et après avoir attendu mille nuits dehors dans le froid, il peut enfin rentrer chez lui.
Un homme rentre en Allemagne.
Et la vie qui l'attend ressemble à un film hallucinant…

 

Dehors devant la porte
© Eric Legrand
  

Imaginez,
tout semble calme, et pourtant si l'on tend l'oreille, on peut entendre au lointain un bruit sourd. Ou peut-être pas. Un petit rideau d'un blanc douteux est tiré tout du long en travers de la scène et seule une ampoule à nu luit. Dans un coin à l'avant scène, un gringalet indolent mange des noix. Soudain on entend le son discordant d'une fanfare exténuée. Les ombres d'une troupe défraîchie, faite de petits, de maigres, de grands et de gros, les ombres immenses apparaissent puis rapetissent sur le rideau de fortune. La musique s'arrête. conciliabule étouffé. Entrent à l'avant scène le plus grand, joueur de fifre et la plus petite, à la grosse caisse. Au public, sous les encouragements du plus grand, la plus petite chante sa chanson a capella. Celle qui raconte l'histoire d'un homme qui rentre chez lui. La mélodie est parfois incertaine mais le plus grand semble bienveillant et la petite s'enhardit. Il s'agit d'une drôle d'histoire…
L'ampoule grésille puis s'éteint.
Le noir se fait dans la salle. Prologue.
Du haut de son échelle, le gringalet, tourné vers le lointain se croit dans un tableau de Caspar David Friedrich, peut-être même le héros d'une pièce de théâtre.
C'est Beckmann et déjà, il rêve.
   Laurent Hatat

 

Au début de Dehors devant la porte, Dieu se lamente de ne plus servir à rien et l'Elbe, le fleuve, refuse que son lit serve encore de linceul aux désespérés de l'après-guerre. Le point de départ de la pièce est là : ne plus mourir mais pour vivre quoi et comment ?
Entre la fiction de l'allégorie et la plus irrecevable des réalités, l'enjeu sera de comprendre que nous ne devons aps refuser la responsabilité qui nous incombe, même si nous avons cru ne pas devoir la supporter, mais que nous devons la partager. " Il ne faut pas oublier les meurtres " dit un des personnages de la pièce, il faut pouvoir vivre et assumer individuellement leur souvenir.
Beckmann est-il cet homme, forcément nouveau, issu des décombres, ce premier survivant de la paix capable d'assumer cette tâche nécessaire, ou n'a-t-il d'autre issue individuelle que sa disparition ? C'est en posant cette question, sur un ton grave mais avec l'humour essentiel du désespoir, que Dehors devant la porte est devenu, dans l'Allemagne d'après-guerre, un texte de référence pour plusieurs générations.
   Laurent Caillon

 

Wolfgang Borchert écrit Dehors devant la porte à 26 ans, en quelques jours, durant l'automne 1946. La pièce connaît un extraordinaire écho auprès du public lors de sa première diffusion, en 1947, à la radio allemande. Elle est jouée pour la première fois au théâtre quelques mois plus tard, un jour après la mort de l'auteur. La pièce fait très vite le tour du monde. Aujourd'hui, toutes les compagnies qui comptent en Allemagne ont inscrit à leur répertoire cette pièce qui a pourtant pour sous-titre " une pièce qu'aucun théâtre ne voudra jouer et que personne ne voudra voir. "

 
production
Compagnie Anima Motrix, Le Nouveau Théâtre – Centre dramatique national de Besançon et de Franche-Comté, Théâtre de la Commune – Centre dramatique national d’Aubervilliers, L’Hippodrome – Scène nationale de Douai, Le Carré – Scène nationale de Château-Gontier. Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National et le soutien de la SPEDIDAM
Anima Motrix est subventionné par le Ministère de la Culture (DRAC Nord/Pas-de-Calais), le Conseil Régional Nord/Pas-de-Calais, le Conseil Général du Pas-de-Calais et la Ville de Béthune.

Le texte est publié aux Editions Jacqueline Chambon

Dehors devant la porte
© Eric Legrand
 
conseiller dramaturgique
Laurent Caillon
assistante à la mise en scène
Sophie Langevin
scénographie
Antonin Bouvret
lumières
Philippe Lacombe
création sonore
Philippe Gordiani
musique, fanfare
Nicolas Ducron
costumes
Martha Romero
maquillage
Nathalie Charbaut
régie générale
Pierre-Yves Leborgne

 

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