
![]() © Marc Daniau |
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création avec
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Un homme rentre en Allemagne.
Il a été longtemps absent, cet homme. Très longtemps. Trop
longtemps peut-être. Et il revient tout différent de ce qu'il était
en partant. Extérieurement, il ressemble à ces silhouettes que
l'on voit dans les champs, plantées là pour effrayer les oiseaux
(et parfois les hommes, au crépuscule). Intérieurement - aussi.
Mille jours durant, il a attendu dans le froid. Et pour rentrer, il a dû
payer d'une rotule ; et après avoir attendu mille nuits dehors dans le
froid, il peut enfin rentrer chez lui.
Un homme rentre en Allemagne.
Et la vie qui l'attend ressemble à un film hallucinant
![]() © Eric Legrand |
Imaginez,
tout semble calme, et pourtant si l'on tend l'oreille, on peut entendre au lointain
un bruit sourd. Ou peut-être pas. Un petit rideau d'un blanc douteux est
tiré tout du long en travers de la scène et seule une ampoule
à nu luit. Dans un coin à l'avant scène, un gringalet indolent
mange des noix. Soudain on entend le son discordant d'une fanfare exténuée.
Les ombres d'une troupe défraîchie, faite de petits, de maigres,
de grands et de gros, les ombres immenses apparaissent puis rapetissent sur
le rideau de fortune. La musique s'arrête. conciliabule étouffé.
Entrent à l'avant scène le plus grand, joueur de fifre et la plus
petite, à la grosse caisse. Au public, sous les encouragements du plus
grand, la plus petite chante sa chanson a capella. Celle qui raconte l'histoire
d'un homme qui rentre chez lui. La mélodie est parfois incertaine mais
le plus grand semble bienveillant et la petite s'enhardit. Il s'agit d'une drôle
d'histoire
L'ampoule grésille puis s'éteint.
Le noir se fait dans la salle. Prologue.
Du haut de son échelle, le gringalet, tourné vers le lointain
se croit dans un tableau de Caspar David Friedrich, peut-être même
le héros d'une pièce de théâtre.
C'est Beckmann et déjà, il rêve.
Laurent Hatat
Au début de Dehors devant la porte, Dieu se lamente de ne plus
servir à rien et l'Elbe, le fleuve, refuse que son lit serve encore de
linceul aux désespérés de l'après-guerre. Le point
de départ de la pièce est là : ne plus mourir mais pour
vivre quoi et comment ?
Entre la fiction de l'allégorie et la plus irrecevable des réalités,
l'enjeu sera de comprendre que nous ne devons aps refuser la responsabilité
qui nous incombe, même si nous avons cru ne pas devoir la supporter, mais
que nous devons la partager. " Il ne faut pas oublier les meurtres "
dit un des personnages de la pièce, il faut pouvoir vivre et assumer
individuellement leur souvenir.
Beckmann est-il cet homme, forcément nouveau, issu des décombres,
ce premier survivant de la paix capable d'assumer cette tâche nécessaire,
ou n'a-t-il d'autre issue individuelle que sa disparition ? C'est en posant
cette question, sur un ton grave mais avec l'humour essentiel du désespoir,
que Dehors devant la porte est devenu, dans l'Allemagne d'après-guerre,
un texte de référence pour plusieurs générations.
Laurent Caillon
Wolfgang Borchert écrit Dehors devant la porte à 26 ans, en quelques jours, durant l'automne 1946. La pièce connaît un extraordinaire écho auprès du public lors de sa première diffusion, en 1947, à la radio allemande. Elle est jouée pour la première fois au théâtre quelques mois plus tard, un jour après la mort de l'auteur. La pièce fait très vite le tour du monde. Aujourd'hui, toutes les compagnies qui comptent en Allemagne ont inscrit à leur répertoire cette pièce qui a pourtant pour sous-titre " une pièce qu'aucun théâtre ne voudra jouer et que personne ne voudra voir. "
production Compagnie Anima Motrix, Le Nouveau Théâtre
Centre dramatique national de Besançon et de Franche-Comté, Théâtre
de la Commune Centre dramatique national dAubervilliers, LHippodrome
Scène nationale de Douai, Le Carré Scène
nationale de Château-Gontier. Avec la participation artistique du Jeune
Théâtre National et le soutien de la SPEDIDAM
Anima Motrix est subventionné par le Ministère de la Culture (DRAC
Nord/Pas-de-Calais), le Conseil Régional Nord/Pas-de-Calais, le Conseil
Général du Pas-de-Calais et la Ville de Béthune.
Le texte est publié aux Editions Jacqueline
Chambon
![]() © Eric Legrand |
| conseiller dramaturgique Laurent Caillon assistante à la mise en scène Sophie Langevin scénographie Antonin Bouvret lumières Philippe Lacombe création sonore Philippe Gordiani musique, fanfare Nicolas Ducron costumes Martha Romero maquillage Nathalie Charbaut régie générale Pierre-Yves Leborgne |