THEATRE DE LA COMMUNE

  saison 02/03

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affiche Stanislas Bouvier
  CHÈRE ELENA SERGUEIEVNA
de Ludmilla Razoumovskaïa (Editions des Quatre Vents)
et
LA NOCE CHEZ LES PETITS BOURGEOIS
suivi de
GRAND'PEUR ET MISERE DU IIIe REICH
de Bertolt Brecht (Editions de l’Arche)
deux mises en scène de Didier Bezace

En alternance
du samedi 12 octobre au samedi 21 décembre 2002

du mardi au samedi à 20h30, dimanche à 16h.
relâche lundi et du 12 au 21 novembre.
En intégrale les 12 et 26 octobre, les 9 et 30 novembre, le 21 décembre à 16h30.
reprise en décembre 2003/janvier 2004

avec
Anne Baudoux · Maya Borker · Christian Bouillette · Gérald Cesbron · Sylvie Debrun · Daniel Delabesse · Thierry Gibault · Donatien Guillot · Lisa Schuster

 

collaboration artistique Laurent Caillon · assistante à la mise en scène Dyssia Loubatière · scénographie Jean Haas · lumière Dominique Fortin · costumes Cidalia da Costa assistée de Anne Yarmola · régie générale Serge Serrano · régie lumière Stéphane Paillet · régie son Géraldine Dudouet · régie plateau Franck Boulben · chef costumière Lucia Bo · maquilleuse coiffeuse Coralie Dupouy · habilleuse Véronique Ambroise · accessoiriste David Gondal· directeur technique Bernard Estève · chef électricien Siegfried July ·machinistes Henry Taillefond, Nicolas Lapierre · électriciens Nordine Zouad, Hervé Gajean, François Chelet


Didier Bezace retrouve une partie de son équipe de comédiens et de comédiennes qui l'ont accompagné depuis
la création de la trilogie Brecht/Bove/Tabucchi en 1996-97 et auxquels viendront se joindre, Christian Bouillette, Sylvie Debrun et Donatien Guillot pour présenter en alternance deux spectacles. Rêves et cauchemars.



Chere Elena Sergueievna
Chere Elena Sergueievna
©Enguerand

La Noce chez les petits bourgeois
©Enguerand
 


Le rêve d'Éléna Serguéiévna, professeur esseulée, c'est d'accueillir un soir d'examen quatre de ses élèves venus lui souhaiter un bon anniversaire. Son cauchemar, c'est de voir s'effondrer au cours de cette soirée festive et jusqu'au petit matin, les valeurs morales et politiques qu'elle s'est efforcée de servir et d'inculquer durant toute sa vie. Le rêve des bourgeois de La Noce c'est de partager avec nous leur naïve et drolatique insouciance, l'inanité cruelle de leur bavardage et l'abondance de la table autour de laquelle ils se sont rassemblés ; leur cauchemar, dix ans plus tard, c'est de comparaître à cette même table déserte, pâles et fatigués, assourdis par le discours hystérique de celui pour lequel ils ont voté.
L'Allemagne des années noires, la Russie de 1980 : deux époques, deux histoires où la nôtre, par bribes, se reflète. Nous fîmes le 21 avril 2002 un cauchemar qui, pour s'être dissipé quelques jours plus tard, n'en laisse pas moins un goût amer. Et dans nos écoles, chaque jour, des certitudes morales s'effondrent. Pourquoi notre théâtre ne s'en ferait-il pas directement l'écho ?
Didier Bezace, Juin 2002

 


A propos de Chère Eléna Serguéiévna
L a raison pour laquelle j'ai écrit cette pièce fut une raison assez fortuite et pragmatique. Dans les années 80, je débutais ma carrière d'auteur dramatique, je suivais des cours de perfectionnement d'art dramatique, et le Ministère de la Culture m'a fait une commande. C'était l'usage à l'époque : l'auteur signait un contrat pour écrire une pièce sur un sujet donné. Je ne m'étais pas particulièrement intéressée au thème de la jeunesse, mais je ne pouvais pas obtenir de contrat sur le sujet qui me plaisait, j'ai donc dû accepter de signer ce contrat et de faire le sujet qui m'était commandé. Pendant longtemps je ne savais pas quoi écrire, et puis cette idée m'est venue. J'ai écrit la pièce en trois mois. Le Ministère de la Culture refusa la pièce.
On a réussi à la monter à Tallin puis à Saint-Pétersbourg. Elle eut une grande diffusion dans tout le pays et fut mise en scène dans plusieurs théâtres. En 1983, la pièce fut interdite. Mais après la "pérestroïka" elle connut une seconde naissance et, ces dernières années, elle est très populaire dans de nombreux pays…
Entretien avec Ludmilla Razoumovskaïa, janvier 1995.

 


A propos de La Noce chez les petits bourgeois suivi de Grand'peur et misère du IIIe Reich
(créé en Avignon 1996, puis repris au Théâtre de L'Aquarium et au Théâtre de la Commune en 1997).


Grand'peur et misère
du IIIe Reich
. ©Enguerand
 

La Raison du choeur
A l'intérieur du petit théâtre domestique qui les abritent, les bourgeois de La Noce chantent, dansent et rigolent. Ils partagent avec nous sans pudeur, "à la bonne franquette" pour ainsi dire, leur insouciance, leur naïve bêtise et leur aveuglement. C'est un choeur de citoyens ordinaires, ni pires, ni meilleurs que les citoyens ordinaires
que nous sommes parfois nous-mêmes, réunis autour d'une table abondamment garnie, par la même absence d'inquiétude, de clairvoyance, par la même certitude que l'Histoire ne leur fera aucun mal et qu'il est inutile de s'en occuper.
Tous les mots sont permis : la parole est facile, inconséquente, c'est un bavardage que rien, à part l'effondrement comique du mobilier, ne semble devoir sanctionner. Et pourtant, le pire est à venir, nous sommes en Allemagne dans les années 25, déjà des mots lourds de conséquences ont été prononcés, entendus, ils tracent les chemins du malheur.
Dix ans plus tard, sous le discours hystérique de celui pour lequel ils ont voté, ils comparaissent à nouveau devant nous, pâles, fatigués, encore serrés les uns contre les autres mais devant une table vide où la disette a remplacé l'abondance et où chaque mot désormais pourra être retenu contre eux, ils ont peur comme nous parfois... Ces deux textes de Brecht, célèbres l'un et l'autre, mais rarement associés l'un à l'autre, nous les avons abordés en privilégiant d'abord l'écho qu'ils se renvoient quand une même famille de personnages les traverse. Nous avons cherché tout au long de notre travail à ce que les individus se fondent dans une même conscience (ou inconscience) collective, afin qu'émerge, face aux contradictions monstrueuses de l'Histoire telles que nous pouvons les percevoir maintenant une figure moderne du choeur, tragique et comique à la fois. Nous avons privilégié l'inquiétude, l'ironie et la critique en pensant qu'elles étaient encore, malgré l'air du temps, les vertus d'un théâtre populaire.
  Didier Bezace


  "Eloge d'un théâtre soucieux de l'Histoire, qui s'écrit à la lumière du présent avec des questions qui sont les nôtres, plutôt qu'avec des certitudes que nous n'avons plus. Eloge d'un style qui allie l'intelligence et la sensibilité sans pour autant vouloir en brandir à chaque instant les preuves. Un style pur et simple." Frédéric Ferney – Le Figaro
"Voilà du théâtre politique et civique, à l'imagerie violemment expressionniste, qui apprend crûment aux hommes à comprendre et défendre leur monde. Du théâtre éminemment nécessaire." Fabienne Pascaud – Télérama
"Aucun comportement n'est donc "innocent", les silences qui couvrent les mensonges dégénèrent toujours et le pire peut advenir. Le Théâtre de L'Aquarium, en le rappelant, donne ainsi une belle leçon de civisme, digne du théâtre populaire." Avant-Scène théâtre

 


 

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