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Qui est moi ?
L'ADVERSAIRE |
Dessin Stanislas
Bouvier
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d'après le récit d'Emmanuel
Carrère
(Editions P.O.L. - 2000 et Folio - 2001)
adaptation et mise en scène Sylvain Maurice

avec Eric Chalier
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Du 23 avril au 16 mai 2003
du mardi au samedi à 20h30, dimanche à 16h en
intégrales avec Ma Chambre
et (ou) Plume du 6 au 16
mai relâche lundi. durée 1h15. |

collaboration artistique Yann Richard ·
scénographie Renaud de Fontainieu
· lumières Philippe Lacombe
· son Jean de Almeida

production L'Ultime & Co, Le Carré
- Scène nationale de Château-Gontier, L'Hippodrome
- Scène nationale de Douai, Théâtre de la Commune
- centre dramatique national d'Aubervilliers, SAN de Saint-Quentin-en-Yvelines,
Nouveau Théâtre de Besançon - CDN, La Ferme
de Bel Ebat de Guyancourt. Le spectacle a été créé
au Carré - Scène nationale de Château-Gontier
en mars 2003. |
A lissue de la représentation...
Mardi 29 avril Débat animé
par Monique Le Roux, critique dramatique à la Quinzaine Littéraire
en présence dEmmanuel Carrère et Sylvain Maurice.
Mercredi 30 avril Carte blanche à Lisa Schuster et
Aude Briant : 'Le Journal à quatre mains' de
Flora et Benoîte Groult.
Dimanche 11 mai Débat "Mensonge et identité"
avec Alain Brossat et Silke Schauder, professeurs de à lUniversité
de Paris 8. |
Cette version scénique s'inspire très fidèlement
du récit que l'auteur a écrit à partir d'un fait-divers
terrible et énigmatique : le 9 janvier 1993, Jean-Claude Romand
a tué sa femme, ses enfants, ses parents, avant de tenter de se
tuer lui-même. L'enquête a révélé qu'il
n'était pas médecin comme il le prétendait depuis
dix-huit ans et, chose difficile à croire, qu'il n'était
rien d'autre... Si Romand représente pour nous l'Adversaire, la
part monstrueuse de l'humanité, ce n'est pourtant pas une chose
aisée d'en faire le portrait. Où se situe la frontière
entre ce qui nous fascine chez lui, ce qui nous émeut, peut-être
même ce à quoi nous nous identifions, et l'insupportable,
l'horreur ?
© Eric Derval
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Portant à la scène LAdversaire
comme un monologue, je souhaite avant tout mattacher au récit
de Carrère, dans un projet qui recherche lexactitude de sa
pensée. Je veux me mettre dans les pas de lauteur pour faire
entendre son questionnement.
LAdversaire est en effet autant lexposition dun fait-divers
tragique que le récit des difficultés rencontrées
par le narrateur pour relater cette histoire. On peut lire le texte de
Carrère comme le compte-rendu dun écrivain qui sinterroge
sur ses motivations secrètes. Pourquoi cette fascination pour un
fait-divers si sanglant ? Cela cache-t-il une morbidité refoulée
? Et surtout : quel point de vue adopter pour dire lindicible ?
Faut-il rester neutre et objectif ? Se mettre dans la peau du meurtrier
? Se mettre à la place dun des protagonistes impliqués
dans le drame ? Finalement, cest en parlant en son nom propre, en
disant je quEmmanuel Carrère parviendra à
accoucher du récit. Ces difficultés à trouver le
bon point de vue ne sont pas simplement littéraires. Elles sont
avant tout éthiques. La question à laquelle doit répondre
Carrère et qui engage sa responsabilité est écrasante
: quel visage doit-on donner de Jean-Claude Romand ? En faire une victime
du destin, un homme traversé par un combat intérieur qui
le submerge ou un mystificateur et un escroc ?
Sylvain Maurice
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J'avais lu cette histoire avec une espèce
de sidération. J'ai su tout de suite que j'avais envie d'écrire
quelque chose là-dessus. [
] A ce moment-là,
il y avait pour moi un modèle.
[De sang-froid de Truman Capote est] un livre que j'admire
énormément.Quand il est tombé sur un fait divers
analogue, Capote a quitté New York, a rejoint le lieu des
crimes, le Kansas, deux jours après les faits et y est resté
pendant plusieurs années. Moi, je n'ai pas bougé.
Ce qui m'intéressait, ce n'était pas l'information
extérieure que je pouvais pêcher en faisant l'enquêteur.
Cette affaire me travaillait à cause de la part d'imposture
qui existe en nous et qui ne prend que très rarement des
proportions aussi démesurées, tragiques, mons-trueuses.
Il y a, en chacun de nous, un décalage entre l'image qu'il
donne, qu'il souhaite donner aux autres, et ce qu'il sait qu'il
est lui-même, quand il se retourne dans son lit sans arriver
à s'endormir. Le rapport entre ces deux hommes-là,
c'était ce qui m'attirait.
Emmanuel Carrère in Lire - Février
2000.
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> Revue de presse

Une belle performance dacteur pour une histoire inouïe.
Véronique Hotte, La Terrasse |
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