Courteline, Amour noir

La Peur des coups, La Paix chez soi et Les Boulingrin de

Georges Courteline

mise en scène

Jean-Louis Benoit

avec Thomas Blanchard, Ninon Brétécher, Valérie Keruzoré et Sébastien Thiéry

Courteline (1858-1929) se rêvait poète ; son talent d’amuseur désenchanté, en prise avec la tyrannie de la bêtise humaine, le révèle au public. Son sens aigu de l’observation, sa veine satirique, s’exercent en premier lieu dans les journaux où il publie de courts récits de moeurs, moments de vie à vif de contemporains pris en flagrant délire de mufleries. Ses croquis peignent la plus vile des humanités ; les petit-bourgeois étant en premières lignes de ce comique de représailles. La théâtralité de ses feuilletons l’entraîne irrésistiblement vers le plateau. L’acte unique restera sa mesure ; Courteline y dépense des trésors d’esprit, de drôlerie, la misanthropie en embuscade. La vie de couple, source éternelle d’inspiration, est croquée chez lui avec une rare délectation. Ici tout y passe : une belle et son mari aux représailles mesquines, un petit littérateur minable empêché dans sa tranquillité par une épouse roublarde, et pour finir dans un feu d’artifice hilarant, un couple qui se voue une haine profonde. La fantaisie de ce bouffon désabusé trouvera sa pleine mesure avec Jean-Louis Benoit qui offre à la farce des habits de noblesse ; on se souvient de De Gaulle en mai ou, la saison passée, d’Un pied dans le crime.

Courteline ne combine pas d’intrigues. Le quiproquo lui est étranger. Il n’a aucune disposition pour la « machine bien faite » à la Labiche ou à la Feydeau, pour ne citer que les plus connus. Ce n’est pas un charpentier. Courteline fait court. Il écrit donc des « saynètes ».

décor Laurent Peduzzi / costumes Marie Sartoux

Revue de presse: 

Il n’a pas l’air gai, Monsieur Courteline, avec sa figure triste, sa démarche dolente et son geste uniforme pour ramener quelques cheveux sur ses tempes ; mais, avec son air de pompes funèbres, il a mis la salle en joie. revue de presse de 1898