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La Chute de la maison Usher
texte Edgar Allan Poe
adaptation et mise en scène Sylvain Maurice
librement inspirée de la traduction de Charles Baudelaire
textes des chansons Laure Bonnet
composition originale Alban Darche
avec Jeanne Added chant, Jean-Baptiste Verquin jeu, Philippe Rodriguez-Jorda jeu et manipulation d’objets, Nathalie Darche piano, Alban Darche saxophone et Alexis Therain guitare
Roderick Usher vit avec sa soeur Madeline dans la maison familiale; un amour impossible semble les unir, pour leur malheur. Le narrateur, invité à passer quelques jours en leur compagnie, nous embarque pour ce monde de mystères…
Avec cette nouvelle, Edgar Poe excelle dans l’art de tout habiller d’une «inquiétante étrangeté». Il y a cette vieille demeure labyrinthique, comme douée de vie, où se traîne la mélancolie d’un frère et d’une soeur, et que la maladie envahit. La réalité vire au rêve teinté rouge cauchemar, du moins telle que les personnages la ressentent. De leurs visions naît l’envoûtement et l’on y succombe. Les personnages cherchent refuge dans la pratique de l’art, mais l’imaginaire les affole autant qu’il les sauve. Sylvain Maurice a trouvé matière riche pour un spectacle à la confluence de plusieurs arts, qui lui est apparu «comme un tableau musical, fait de couleurs, de sensations et d’impressions». Un théâtre en émoi sur la corde sensible des terreurs enfantines que nous avons tant aimées.
Le sens de la nouvelle pourrait être: l’art contre la mélancolie. Pour rompre la tristesse, Roderick et le narrateur non seulement composen et jouent de la musique, mais ils peignent, lisent, écrivent. En psychanalyse, on dirait que Roderick «sublime» par l’art l’amour impossible qu’il porte à sa soeur. Mais je ne tiens pas à être explicatif car il n’y a pas dans cette oeuvre un contenu univoque. Elle est écrite sous le signe des paradis artificiels, comme les rêveries d’un fumeur d’opium. La dimension onirique, voire hallucinatoire, est centrale. Au fur et à mesure de la fable, on a l’impression que la maison elle-même est un personnage, qu’elle est vivante... Comment l’interpréter ? Je crois que pour ce texte, il ne faut pas donner de réponse: c’est au spectateur de rêver avec nous... Sylvain Maurice
Pendant toute une journée d’automne, journée fuligineuse, sombre et muette, où les nuages pesaient lourds et bas dans le ciel, j’avais traversé seul et à cheval une étendue de pays singulièrement lugubre, et enfin comme les ombres du soir approchaient, je me trouvai en vue de la mélancolique maison Usher. Je ne sais comment cela se fit, – mais, au premier coup d’oeil que je jetai sur le bâtiment, un sentiment d’insupportable tristesse pénétra mon âme. Je dis insupportable, car cette tristesse n’était nullement tempérée par une parcelle de ce sentiment dont l’essence poétique fait presque une volupté, et dont l’âme est généralement saisie en face des images naturelles les plus sombres de la désolation et de la terreur. Edgar Allan Poe
composition musicale originale Alban Darche • scénographie et lumières Éric Soyer • vidéo Renaud Rubiano et Candice Milon • son François Leymarie • costumes Marie La Rocca • assistanat à la mise en scène Aurélie Hubeau • peinture Paulo Duarte • conception marionnette Bérangère Vantusso • assistant lumières Gwendal Malard





