CASTELJALOUX (2e version)

de et mise en scène Laurent Laffargue en collaboration avec Sonia Millot

avec Julien Barret, Philippe Bérodot, Éric Bougnon, Élodie Colin, Oscar Copp, Maury Deschamps, Elsa Gallès, Sébastien Pouderoux, Isabelle Ronayette et Pascal Vannson
 

Et du coeur, à vrai dire, tout le monde en a. Albert Camus

Nous sommes en 1984 à Casteljaloux, «chef-lieu de canton du Lot-et-Garonne, 5.000 habitants de septembre à juin, qui quadruple sa population durant l’été. Casteljaloux : son lac, sa piscine olympique, ses thermes, la forêt des Landes…» En apparence un lieu idyllique. En apparence seulement…

En 2010, Laurent Laffargue nous régalait, seul sur scène, de partitions diverses: Romain – apprenti voleur, Marie-Jo – sa mère, Jacky – garçon boucher, Chantal – la jolie… Une nouvelle version en 2011, avec une troupe de comédiens incarnant cette pléiade de personnages qui rêvent à l’étroit dans un coquet bourg du Lot-et-Garonne. Un second souffle choral pour ce récit de l’apprentissage, des premières fois, des illusions et désillusions, théâtre d’une violence ordinaire, à la singulière universalité. Longtemps le souvenir de ces êtres cabossés nous accompagne... comme de vieux copains.

©Eric Garreau / AlberTivi

Casteljaloux, petite ville du Lot-et-Garonne où Laurent Laffargue a grandi, est le lieu du récit des origines. Celles d’un adolescent qui ne rêvait que de faire du théâtre pour fuir le huis clos d’une petite ville; celles d’un observateur d’une comédie humaine qui a nourri son parcours d’artiste. Tout ce que le metteur en scène a traqué chez les auteurs, de Marivaux à Bond, y est en germe: omniprésence et impasses du désir, tragédies ou vaudevilles conjugaux, drames familiaux, amitiés et rivalités, jalousies, violence des rapports sociaux, vies hantées par l’échec, la quête de sens, et le besoin de fuir, au besoin dans l’alcool. Tout, y compris cette verve gasconne qui rend plus légers l’ennui, la cruauté des relations, la sensation d’enfermement, qui fait rire de personnages victimes d’eux-mêmes – première leçon de comédie. On pense à Caubère, bien sûr: Laffargue nous fait son propre roman d’un théâtre à ses débuts.
Les familiers du metteur en scène y traqueront l’autobiographie, les autres riront, parfois jaune, de cette radiographie d’un bourg qui ressemble à tant d’autres et où chacun renoue avec son propre roman familial. Peu importe, précisément, la part de fiction. 

Valérie de Saint-Do

 
Extrait / J’ai pas le droit de rater

Un ballon de hand est lancé de la coulisse. Dans un geste automatique, Romain le rattrape et se met à dribbler sur le plateau. Il s’arrête devant une ligne imaginaire, le point de penalty. Romain, à voix haute:
ROMAIN. Lucarne droite, samedi, j’embrasse Pascaline. Lucarne gauche, je suis pris au Conservatoire. Poteau rentrant, j’ai les deux !
Romain shoote en criant avec une violence désespérée. Le hasard décidera tous les soirs du destin de Romain. Bruit du filet amplifié qui reçoit le ballon. Noir. Lumière. Romain chante tout seul et mime un solo de guitare, «Et les yeux vers l’ouest / Toujours être ailleurs / Et les mains vers l’est / J’veux toujours être ailleurs». in CASTELJALOUX de Laurent Laffargue

scénographie Philippe Casaban et Éric Charbeau • lumières Patrice Trottier • musique et environnement sonore Hervé Rigaud • cuivres et bois Olivier Coudert • vidéo Benoît Arène et Nicolas Brun  • costumes Sarah Mériaux • maquillages Muriel Leriche • accessoiristes Alice Garnier-Jacob et Laurence Bérodot • régie générale Nicolas Brun

Revue de presse: 

Dix formidables comédiens. France Info aime CASTELJALOUX et le dit... écouter la suite France Info. Ces chroniques de la province profonde, avec l'étouffement et les désirs de fuite qu'il suscite, ont des moments d'émotion, d'autres sont drôles. C'est assez bien croqué, bien joué... lire la suite Télérama Sortir T. On dirait souvent un film, avec des péripéties savoureuses, un franc-parler couleur locale et jusqu'à la fin comme un fait divers. Bonne impression de véracité, à l'aide d'un jeu clair, au juste relief...  lire la suite L'Humanité. Un moment intense. Certaines scènes restent longtemps en mémoire. Au final, il y a tellement de bonnes choses à glaner, qu’on prendrait dix pages à les résumer. De même, le propos de Laurent Laffargue, quoique autobiographique au départ, réussit à avoir une portée universelle : transposé de la province 80’s à nos banlieues actuelles, l’idée de la création comme échappatoire à une société vulgaire et violente, a encore droit de cité – en particulier, dans un théâtre comme celui d’Aubervilliers, lieu de culture et de résistance, dans ce 93 tellement stigmatisé…lire la suite Revue Arès. Laffargue, le boulimique... lire la suite Télérama Sortir. Un vrai beau drame. La troupe déborde d'énergie, et au fur et à mesure que le spectacle avance, le spectateur se convainc que le projet énoncé dans la première partie celui d'écrire une tragédie à partir d'un triste fait divers local, a été mené à bien... lire la suite fluctuat.net. Le spectacle est porté par des acteurs tous convaincants et unis dans cette partition chorale... lire la suite froggydelight.com. Une mise en scène rock’n roll. Un spectacle drôle, caustique, amère et touchant aussi. De bons interprètes pleins de vivacité et d’énergie... lire la suite toutelaculture.com